jeudi 13 octobre 2011

Indignés!

Après l’Europe, c’est au tour de l’Amérique de connaître ses « indignés ». C’est la nouvelle mode: plus besoin d’être révolté, on se doit d’être indigné. Ils réclament la fin de la guerre, hurlent contre les coupes minuscules dans les budgets dits « sociaux », préconisent la solution keynésienne pour relancer l’économie, et tiennent la spoliation légale pour un idéal. Les rédactions françaises y voient l’équivalent de notre « peuple de gauche » luttant pour que l’on prenne en compte leur désir de changer les choses, d’ouvrir de nouveaux horizons en permettant un débat sur les problèmes contemporains.

Le hic, c’est que ce type de problème n’est PAS un problème contemporain, c’est toujours le vieux problème de la confusion entre le « miens » et le « tiens », entre la démocratie d’une part et les droits individuels d’autre part. Les « indignés » ont beau s’en prendre au lien (forcément incestueux) entre le monde de l’argent et le pouvoir politique : la vérité est que si les hommes d’Etat étaient dénués de tout pouvoir d’intervenir dans l’économie (c'est-à-dire de mépriser les droits d’individus au profit d’autres individus plus proches, plus visibles ou plus sympathiques), le lobbying n’aurait aucune raison d’être. Absolument aucune. Ils ont beau appeler le président Obama à écouter sa base : il l’a déjà fait, et ça n’a pas été couronné de succès pour le moment. Et ils ont beau feindre l’indignation : la morale n’approuve certes pas que 1% des plus fortunés disposant du pouvoir et des richesses dicte leur conduite et méprise les droits des 99% restants à son profit, mais elle n’autorise nullement ces 99% à s’emparer de la propriété des ultra-minoritaires. Les indignés confondent là morale et intérêt pratique à court terme (un peu comme le bandit de grand chemin).

En définitive, c’est toujours cette histoire de démocratie mal comprise qui revient sur le devant de la scène. Entre la démocratie et l’individu, il y a les droits individuels, qui font la différence entre dictature des autres et liberté. Venant de ce qui n’est finalement qu’une bande de marginaux branchouilles bien éduqués et comptant parmi les favorisés de ce monde (laissés pour compte compris), ainsi que de leurs grands parents pris de sympathie et de leurs parents qui regrettent leurs jeunes années, cela ne m’étonne pas du tout.

(J’interdis quiconque de dire que cette opinion est biaisée par mon sentiment de répulsion chronique à l’égard des foules. C’est faux. Elle l’est par mon sentiment de dégoût chronique pour les gauchistes et assimilables).

jeudi 29 septembre 2011

Prime à l’idiotie?

Suite du précédent article, bien que la polémique soit plus ancienne. M. Copé a trouvé LA solution pour resserrer les liens entre les Français et pour répondre au débat sur les nationalités multiples : forcer les jeunes Français, au cours de la très utile « JAPD » (vaste fumisterie au cours de laquelle on se demande si vous savez lire, écrire et si vous connaissez l’état des lieux s’agissant de la défense nationale, et on vous « vend » ladite défense comme le ferait n’importe quelle école de commerce, mais en moins bien), à prêter un serment d’allégeance aux armes. C'est-à-dire à promettre de combattre aux côtés de la France en cas de conflit armé. Ceci appelle plusieurs observations.

1/ Que vaut une promesse qu’on vous oblige à prononcer ? Que vaut un engagement lorsqu’on vous fait l’équivalent d’une clé de bras ?

2/ La France a-t-elle réellement besoin de cela ? Je doute qu’en cas de conflit armé dépassant l’armée de métier les sinistres créatures de l’Etat puissent me laisser le choix.

3/ Que faire de ceux qui, comme moi, refusent de prêter allégeance aux armes ? Qui rejettent avec force l’idée de promettre consciemment et à l’avance de s’embarquer dans une aventure militaire, sans rien savoir des tenants et des aboutissants, simplement parce que « la France » (ses hommes d’Etat principalement) combat ? Que les tarés de la gachette le fassent s’ils le jugent loisible, mais moi, non. J’ai l’insupportable prétention de considérer que je suis le seul qui puisse décider de la cause pour laquelle je pourrais mettre mon existence en danger ne serait-ce qu’un seul instant.

4/ (Variante de la précédente) Que faire des catholiques ? Après tout, ils représentent une menace, puisque le Christ nous a dit « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et dur les injustes» (Saint Matthieu, 5, 43-45). Vous conviendrez avec moi que promettre de les combattre est une bien curieuse façon d’aimer ses ennemis…

Pauvres hommes d’Etat, ils ne se remettent pas de la suppression du service militaire. Pour des raisons qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec la Défense nationale, d’ailleurs. Il s’agit toujours de « cohésion nationale », de « discipline », de « brassage des classes ». Navré, mais je ne vois aucun intérêt à tout cela. Pour ma part, je n’ai pas besoin de passer des semaines avec d’autres types que je ne connais pas pour ne pas m’en prendre à mon voisin et me sentir Français. Je n’ai pas besoin d’entendre une personne me hurler dessus, d’obéir aveuglément, de me lever aux aurores, pour être une personne bien élevée. Et je ne vois pas ce que connaître des « personnes d’autres classes, d’autres horizons » pourrait m’apporter per se (entre la suppression du service et maintenant, il y a le développement d’Internet, voilà pour les autres horizons).

Remarque sans aucun lien de dernière minute : sur le site du Figaro.fr, on peut lire que l’UMP dénonce une course aux promesses démagogiques au PS. Drôlerie.

La valeur d’un serment

Le serment, selon mon Larousse-80’s, est l’affirmation solennelle d’une personne, en vue d’attester la vérité d’un fait, la sincérité d’une promesse, l’engagement de bien remplir les devoirs de son état (officiers ministériels, avocats) ou de sa fonction. C’est également une promesse solennelle. Mon lexique juridique ne s’éloigne guère de cette définition.

Le serment peut être doté d’effets non-négligeables : je pense ici aux serments professionnels, au serment judiciaire, ou encore au serment d’allégeance prêté aux Etats-Unis lors de la cérémonie de naturalisation. De tels serments peuvent être requis par la loi, et s’imposer à un individu. Mais ils sont tous légitimes, du moins dans le principe (dans la forme, c’est autre chose…), parce qu’ils demeurent conditionnés. Après tout, si vous vous trouvez en situation de prêter allégeance aux lois américaines, c’est que vous l’avez bien voulu ; si vous êtes amenés à prononcer la version moderne du serment d’Hippocrate, ce n’est certainement pas par pur hasard.

En revanche, un serment rendu obligatoire pour tous les citoyens Français pose de nombreuses questions. La première est la suivante : que faire face à une personne qui refuse de prêter un tel serment (mettons, par exemple, que la spoliation légale soit érigée en valeur) ? On lui refuse la citoyenneté française pour refus d’adhérer à des valeurs qui n’en sont pas ? Le deuxième est liée : qu’est-ce qui garantit le citoyen contre un changement desdites valeurs (exemple : vous avez prêté serment de respecter les valeurs de la République, et dix ans plus tard, le serment est changé au profit d’autres choses que l’on appelle « valeurs de la République ») ? Parce qu’après tout, une valeur, dans l’esprit des politiciens, est une notion finalement très molle et très floue que l’on peut changer au regard de la prochaine échéance électorale. La troisième est une question d’ordre temporelle, elle aussi : que faire des citoyens qui sont trop âgés pour avoir prêté un tel serment ? Va-t-on leur faire l’affront de requérir une telle prestation de leur part ? Va-t-on considérer qu’ils ne sont pas concernés, eux citoyens adhérents TOUS pleinement aux valeurs de la République, alors que leurs enfants, eux futurs citoyens nécessitant une profession de foi laïque pour se comporter aussi civiquement que leurs parents, le sont ? La quatrième question tient à la valeur même du serment : que vaut un serment obligatoire et prononcé par tout le monde sans exception ? La dernière question (qui me vient à l’esprit, la liste n’est pas exhaustive) est d’ordre pratique : est-ce vraiment par un tel serment que l’on va régler le moindre problème ?

Ce type de serment est une idée ridicule. Elle part du principe que sans « certificat de civisme », le Français n’en est pas vraiment un, puisqu’il refuse d’adhérer aux « valeurs » nationales. Un principe qui fait primer la collectivité sur l’individu, qu’elle ait tort ou raison. Qui refuse d’admettre que l’adhésion à de telles valeurs puisse être normale, quasi-inconsciente, ne nécessitant pas de procédure particulière. Qui avoue, l’air de rien, qu’il faut bien expliciter ce que sont ces valeurs puisqu’on ne peut plus vraiment les observer en observant simplement la loi.

  Un serment, pour moi, a toujours été une histoire de conscience, un problème individuel d’ordre quasi-religieux. La plupart du temps, lorsqu’on l’exige de vous, c’est que l’on accorde une très grande confiance à votre sens moral. Ce genre de chose n’a rien à voir avec la citoyenneté: cela procède alors d’une forme de défiance à l’égard de ceux dont on doute de la véracité du sentiment national (s’il existe).

  Je conçois aisément que l’on puisse se sentir (très) irrité à la vue de jeunes (et de moins jeunes) Français se proclamant plus Algériens ou Marocains (ou Népalais) que Français, tout en continuant à bénéficier des avantages extraordinaires liés à leur nationalité et pouvant (rien ne dis qu’ils le font, chacun est libre de ce côté là) bénéficier de ceux liés à la citoyenneté. MAIS l’établissement d’une version moderne du certificat de civisme ne changera rien. Il va seulement transformer un engagement solennel en promesse sur laquelle il ne faut pas compter: la définition exacte du serment d’ivrogne (merci Larousse-80’s)

mercredi 28 septembre 2011

Rituel

Comme l’année passée, je vous livre le détail des “droits d’inscription”:

- Droit de scolarité: 229€ (en hausse)

- Droit de Sécurité Sociale Etudiante: 203€ (en hausse)

- FSDIE: 16€ (en hausse)

- Droit de médecine préventive: 4,57 (au même niveau que l’an dernier)

  Payer 452,57€ ne me gêne pas (une fois que j’y pense, bien entendu). Mais payer 452,57€ pour une formation à 229€, si, ça me gêne. On a beau nous servir des “Ne pas voter provoque des troubles de l’élection” et autres idioties durant les élections étudiantes: ni l’UNI, ni l’UNEF ne permettent aux étudiants d’échapper au fameux Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes, ni de payer par eux-mêmes et indépendamment de l’université leur assurance-maladie, ni même de ne pas choisir ce qui devrait être “l’option médecine préventive”. Le tout en sachant qu’une liste libérale en Université, c’est comme un trader communiste: impossible.

Etudiantes, Etudiants, on vous ment, on vous spolie…

samedi 3 septembre 2011

Le bon gouvernement et le mauvais gouvernement

  Le président de la République se refuse, apparemment, à parler de “rigueur”. Sur ce point nous sommes d’accord: il est incorrect de considérer un gouvernement qui s’obstine à ne pas réduire la dépense publique comme étant un gouvernement rigoureux. Le plan proposé ne vise même pas à ramener les finances à l’équilibre: il ne s’agit que d’éviter un dérapage du déficit (soit un dérapage du dérapage).

  Le “plan de rigueur”, c’est une batterie de mesures tendant à augmenter les recettes. Belle idiotie, et faute lorsqu’il s’agit de transformer par la force les comportements de citoyens libres n’affectant pas autrui. Le tabac va ainsi augmenter de 6% en octobre, puis de 6% à nouveau en 2012, rapportant… 600 millions d’euros supplémentaires par an. Pour lutter contre l’obésité, le gouvernement va créer une accise spécifique en janvier 2012 sur les boissons sucrées. Objectif: 120 millions d’euros supplémentaires pour le Monopole. Mais le beurre et le foie gras sont épargnés. Une taxe sur les alcools forts devrait rapporter 340 millions de plus l’an prochain. Mais pas touche au vin, au rhum et aux “productions régionales” : il faut quand même que l’alcoolique puisse accéder à sa piquette pas chère. Seuls les consommateurs occasionnels de vodka posent des problèmes au Monopole.

  En plus de ces mesures tendant à faire de nous des citoyens vertueux et sains de corps (sains d’esprit, c’est fait, Chirac a créé la HALDE et l’Educ’Nat est toujours là), il faut ajouter des mesures plus classiques: hausse du “forfait social” (ineptie prélevée sur l’épargne salariale, donc sur la fraction du salaire qui nous échappait déjà) nous amenant à un doublement en 2 ans, pour 400 millions de plus; relèvement des taxes sur les complémentaires santé (comment ça, le Monopole rembourse mal?), pour 1,1 milliard; hausse des prélèvements sur le capital en hausse (on préfère qu’il baisse); suppression et atténuation de dérogation sur la CSG; intégration des heures supplémentaires dans le calcul des aménagements de charges sur les bas salaires; atténuation de dérogations aux banques; “coup de rabot” sur les niches fiscales (suppression-pas question!); taxation des plus-values immobilières; limitation du report de l’IS pour les entreprises; contribution “exceptionnelle” sur les contribuables riches de 3% sur les sommes excédant 500 000€.

  Ce genre de “plan” différencie un bon gouvernement d’un mauvais. Le mauvais gouvernement espère récolter 12 milliards d’€ en accentuant la pression fiscale, et parle d’”économies”. Le bon gouvernement économise vraiment. Se sachant endetté, il n’organise pas le G8, ni le G20, et sauve 60 millions d’€. Il ne dépense pas 20 millions d’euros pour le programme “Egalité entre les hommes et les femmes”, et sauve 418 millions d’euros en supprimant la mission “Sport, jeunesse et vie associative”. Il privatise France Télévision, ne subventionne pas le passage à la TNT ni les radios: voilà 549 millions d’€ qui ne sortiront pas de caisses vides. Il ne subventionne plus la presse, qu’il libère, et abandonne la chimérique “action audiovisuelle extérieure”: 514,8 millions économisés. Il refuse de soutenir les exportations d’armes, qui coûtent 20 millions d’euros à la nation. Il supprime le CESE: 37,5 autres millions. Il cantonne l’action du ministère de la culture à la conservation du patrimoine culturel: il évite le sacrifie de 1,87 milliards d’euros.

Il restreint son rôle dans l’”économie de l’Agriculture” à la gestion durable des pêches (histoire d’éviter que des écolos nous bourrent le mou) et à la gestion des crises et aléas de production: au moins 1,8 milliard sauvés. Il ne prétend plus faire de l’Etat le grand ordonnateur de l’aménagement du territoire: 302 millions. Il privatise le financement des partis politiques: 80 millions. Il renonce à la mission “Outre-mer”: 1,35 milliard de moins. Il cesse de financer une politique de la ville idiote et contre productive: 624,2 millions d’euros.  Il laisse aux professionnels qui en vivent le soin de s’occuper du tourisme: 51 millions. Il épure la “diplomatie culturelle et d’influence”: 200 millions. Il laisse le “développement et l’amélioration de l’offre de logements” au secteur privé: 541 millions. Il supprime le programme “Développement des entreprises et de l’emploi”: 1 milliard sauvé, et l’opportunité d’une réforme en vue.

  Ainsi, sans réformer le système de retraite, sans toucher à la SNCF, en conservant presque intacts les systèmes de notre société socialiste, le bon gouvernement arrive déjà au même résultat que le mauvais, la frustration en moins et la morale de son côté. Et encore, il ne s’agit que d’un gouvernement timide, qui se borne à toiletter une toute petite partie de la loi de finances…

jeudi 18 août 2011

L’argent des autres

   Les “hauts revenus”, même si on ne sait pas ce que c’est avec exactitude, c’est mal. Donc, ça doit être taxé. Le gouvernement planche dur sur l’idée. De quoi réjouir M. Bergé, qui apparemment souhaite contribuer plus (PLUS PLUS UN PETIT PEU PLUS UN PEU PLUS) aux charges de l’Etat.

  Il faudra tout de même m’expliquer quelque chose. Qu’est-ce qui empêche les quelques personnes souhaitant payer plus d’impôts d’envoyer un méga-chèque à Bercy, et de laisser les autres contribuables très fortunés mais d’un avis différent tranquilles?

  Question oratoire, Jérôme Chartier, député UMP du Val d’Oise m’a déjà fourni l’explication:

La mesure doit être un symbole. Il ne s'agit pas de renflouer les caisses de l'État

  Payez plus parce que c’est symbolique, braves gens fortunés. Vous êtes TROP fortunés, cela énerve vos voisins, du coup vous devenez MOINS fortunés.

  SOCIALISME = JALOUSIE + RECOURS A LA FORCE.

mardi 24 mai 2011

J'ai vraiment HORREUR de réviser

Se plaindre: l'une de mes passions. 

Objet de la plainte: les révisions des partiels du deuxième semestre (ils s'annoncent bien... Avouez-le: je manie l'ironie avec génie). 

Description de la plainte: c'est dur, c'est long, j'ai l'impression de ne rien retenir, je vais me foirer et passer un été atroce à réviser des trucs durs et longs, je vais foirer ma vie et finir seul, pauvre, dans la rue et alcoolique.

Solutions forcément irréalisables mais on y pense quand même: 1/ Sortir de l'UE. Adieu, infâme Partie II du cours de contentieux européen! Adieu, droit européen de la concurrence! 2/ Réformer la procédure civile pour re-faire du procès "la chose des parties" et abolir le second degré de juridiction. Bon vent, le juge de la mise en état (JME pour les intimes), à jamais, la Partie II du cours de droit judiciaire privé! 3/ Adopter un code de droit international privé. Adieu, la mémorisation systématique des règles, et bonjour, l'ouverture bête et instinctive du code! 4/ Toiletter le code pénal. Fini, l'apprentissage de la contestation de crimes contre l'humanité. Oubliée, la non-assistance à personne en danger. 5/ Généraliser le QCM. Plus besoin de passer une heure pour trouver un plan bidon pour le commentaire d'arrêt! Plus besoin de balayer avec angoisse l'ensemble des hypothèses pour résoudre le cas pratique!

Jugement objectif: Cet étudiant est foutu. Il pourra tout de même faire acte de candidature pour la présidence de l'antenne locale de l'UNEF: Il dispose d'une absence de motivation/capacité pour le devoir élémentaire de l'étudiant propre à faire de lui un raté intégral, tout en rêvant à des échappatoires stupides.

samedi 16 avril 2011

Skyrock

  Les gens pètent les plombs.Tout simplement. Pour un simple conflit entre (c'est du moins ce que j'ai compris) l'actionnaire principal et le fondateur de la station, on a droit à une avalanche d'appels à la mobilisation, de réactions de politiciens choqués/préoccupés/indignés (rayez la mention inutile). 

  Rappel n°1: une radio libre, ce n'est pas nécessairement une radio affranchie des préoccupations financières de ses actionnaires. Une radio libre, ce n'est pas non plus une radio diffusant des programmes jugés non conventionnels. Une radio libre, ce n'est que ceci: une radio qui n'est pas une émanation de l'Etat, et qui n'est pas sous tutelle de l'Etat. Donc un changement dans la direction, décidé par les actionnaires, ne prive pas une radio de sa liberté.

  Rappel n°2 (à l'attention de M. Hollande): une radio appartient à ceux qui détiennent des droits sur elle. Donc NON, Skyrock n'appartient pas à ses auditeurs, à moins que ceux-ci soient actionnaires. Certes, la radio a tout intérêt à satisfaire ses auditeurs si elle veut survivre, mais cela ne remet pas en cause la légitimité de la décision des actionnaires. Ils se trompent peut-être, mais c'est leur affaire.

  Rappel n°3: S'il y a des changements dans les programmes de Skyrock, et que ces changements ne plaisent pas aux auditeurs, ils sont libres de ne plus l'écouter. Les actionnaires sont en général attentifs à ce genre de choses. Si les contestataires sont assez nombreux, et représentent un marché assez intéressant, il se trouvera sans doute un ou plusieurs entrepreneurs pour les satisfaire. Si les contestataires sont motivés, ils peuvent aussi créer leur propre radio et se cotiser pour la faire exister. Nul besoin de manifester, d'invoquer la liberté d'expression en danger (ce qui n'est pas le cas: Skyrock est libre de diffuser ce qu'elle veut, et un changement non imposé par l'Etat ne constitue pas une violation de cette liberté, mais une évolution, heureuse ou malheureuse).

Pour finir, ma réponse au type de 14 ans qui demande de soutenir le mouvement ainsi:

"J'ai 14 ans et j'écoute Skyrock mais ce n'est pas pour autant que je ne lis pas ne m'intéresse pas aux cours bien au contraire! Alors ne critiquez pas sans savoir car c'est blessant. Alors soutenez Skyrock. On ne vous oblige pas a l'écouter, mais on vous demande juste de soutenir le mouvement! Imaginez seulement si ce qui arrive en ce moment a Skyrock arrivait a la radio que vous écoutez, se serait pénible, non? Alors pensez à nous, merci."
  Je ne vois pas le lien entre son âge et son attention pour les cours d'une part et le soutient à la station d'autre part. Et je ne vois pas le besoin de soutenir un mouvement en faveur d'une radio que je n'écoute pas. Enfin, si cela arrivait aux stations que j'écoute (Fun Radio et Radio Classique, pour plus de précision), j'attendrais un changement effectif des programmes pour commencer à râler, et je n'écouterais plus la radio le cas échéant. C'est pénible, mais c'est tout ce que je m'autoriserait à faire, vu que je ne suis pas actionnaire.

jeudi 27 janvier 2011

Comment économiser près de 40 millions d'euros rapidement


  Dans la présentation qui est faite de nos institutions, on omet souvent de traiter de la « troisième assemblée de la République ». Je n’en parle pour ma part quasiment jamais. Il est vrai qu’elle ne vient pas spontanément à l’esprit, ce qui est regrettable lorsque l’on sait qu’elle coûte annuellement près de 40 millions d’euros à la nation, comme le rappelait récemment le député de la Drôme, M. Mariton. Cette assemblée oubliée, c’est le Conseil Economique, Social et Environnemental, censé garantir une représentation nationale aux « forces économiques, sociales et environnementales » (certains y voient une représentation de la société civile… Pas moi). Ce bidule, dont l’ancêtre a été institué en 1925 après la présentation en 1919 d’un projet de « Conseil économique du travail » par le secrétaire général de la CGT de l’époque et des demandes insistantes de la part des syndicats ouvriers, a été sanctifié par la Constitution du 4 octobre 1958, et « grenellisé » en 2008 ; il sert surtout à être consulté et à permettre un dialogue entre « forces » que tout oppose. A l’occasion, il sert également de placard pour amis politiques. 

  Vous l’aurez sans doute compris, cette « noble » assemblée de 233 conseillers qui s’arroge l’occupation du Palais d’Iéna n’est que le relais institutionnel des intérêts privés les plus bruyants. Certains conseillers se plaignent d’une « politisation » du CESE. De fait, pas mal de « personnalités qualifiées » directement nommées en Conseil des Ministres sont… disons plutôt proches du pouvoir, ou l’ont été. De l’aveu même du président du CESE, M. Delavoye, « il y a toujours eu du copinage ». C’est vrai. Mais il oublie que le copinage est de l’essence même de son assemblée : après tout, il faut bien que quelqu’un décide qui est membre et qui ne l’est pas, qui a le droit d’en désigner et qui ne l’a pas... Observons sa composition. Elle fleure bon le lobbying, de mon point de vue.
  140 membres le sont au titre de la « vie économique et du dialogue social » : 69 représentants des salariés, 27 représentants des entreprises privées industrielles, commerciales et de service, 20 représentants des exploitants et des activités agricoles, 10 représentants des artisans, 4 représentants des professions libérales, et 10 personnes qualifiées. 60 membres le sont au titre de la « cohésion sociale et territoriale et de la vie associative » : 15 personnalités qualifiées, 11 représentants des activités économiques et sociales d’outre-mer, 10 représentants des associations familiales, 8 représentants de l’économie mutualiste, coopérative et solidaire non-agricole, 4 représentants de la mutualité et des coopératives agricoles, 4 représentants des « jeunes » et des étudiants, 8 représentants de la vie associative et des fondations.  Enfin, 33 membres le sont au titre de la « protection de la nature et de l’environnement » : 18 représentants des fondations et associations agissant dans le domaine de la protection de la nature et de l’environnement, 15 personnalités qualifiées dont au moins 3 dirigeants d’entreprises significatives du secteur. 

  Quant à la « politisation » dont certains conseillers font état, elle est antérieure aux nominations de l’ère Sarkozy. L’assemblée compte ainsi 17 membres pour le « groupe de représentation » CGT, 17 membres pour le groupe CFDT, 17 membres pour le groupe CGT-FO, 6 membres pour le groupe CFTC… Je ne considère pas les membres de tels groupes comme des « conseillers apolitiques ». Tout comme je ne considère pas comme apolitique M. Prévost, président de l’UNEF. Ni M. Roirant, président de la Ligue de l’Enseignement.
  L’anomalie n’est pas la politisation du CESE, l’anomalie est le CESE tout court : en quoi des groupes désignés comme étant représentatifs des « forces économiques, sociales et environnementales » peuvent-ils participer plus qu’un citoyen lambda à l’élaboration de la politique économique, sociale et environnementale par leurs conseils ? Qu’est-ce qui fonde leur représentativité ? Rien du tout : on a décidé arbitrairement qu’ils étaient compétents pour le faire, qu’ils avaient suffisamment de sagesse pour déterminer ce qu’était l’intérêt général. Et comme souvent, l’intérêt général est le cache-sexe d’intérêts privés. 

  En définitive, je soutiens la proposition de M. Mariton, lorsqu’il estime qu’il conviendrait de supprimer le CESE. Lui se fonde sur l’inutilité d’un organe très peu consulté, et considère que le débat peut-être plus fécond dans des instances consacrées à un seul sujet, type Conseil d’orientation des retraites, Etats généraux de la bioéthique, Conseil d’orientation pour l’emploi. C’est sur ces deux points que je ne suis plus d’accord : le CESE doit être supprimé car il est illégitime, et les instances consacrées à un seul sujet ne suscitent rien d’autre que de la méfiance chez moi (conseil d’ «orientation » pour l’emploi… fromage étatiste de plus qui doit en plus inclure les « partenaires » sociaux). Cela dit, le fondement importe peu : un CESE supprimé, c’est près de 40 millions d’euros économisés et sans sacrifice.
  

jeudi 25 novembre 2010

A la mode

  Etre à la page, surfer sur la vague, se trouver en totale symbiose avec le courant dominant, c'est une nécessité vitale pour le politicien. Elle se traduit bien évidemment dans le langage (avec des flops hilarants parfois) et dans le style vestimentaire, mais pas seulement. Les idées aussi sont touchées. Et aujourd'hui, ce qui est "in", c'est de consulter. Du moins, de faire semblant de consulter. Lorsqu'un politicien se trouve face à un problème, réel ou supposé, il consulte les personnes intéressées et experts autoproclamés, il se fait arbitre d'une graaaande consultation nationale ou sectorielle. Si le problème est un problème persistant, on change de registre; il ne consulte plus, il délègue et se décharge sur une entité créée pour l'occasion (dénommée, au choix, Haute Autorité ou Observatoire).

  La presse rencontre des difficultés, et -oh, surprise- il se trouve qu'il reste des euros à dépenser? Voilà une occasion rêvée pour réunir les Etats généraux de la presse! La politique industrielle laisse à désirer? Vite, des Etats généraux de l'industrie! Le problème est plus important? Hors de question de réunir les Etats: la procédure est alors de tenir un Grenelle.

  La justification de la réunion de tels conclaves est difficile à trouver. D'aucun tendent à considérer qu'elle réside avant tout dans une manoeuvre à but communicatif: quand on réunit une telle assemblée, on fait "à l'écoute", "sage", "ouvert", "démocrate", et les décisions passent mieux. Pour ma part, je penche vers un réel manque de principes et d'imagination au sein de notre classe politique...

  Au delà de la justification, la méthode me laisse TRES sceptique. On réunit en grande pompe les personnes et groupes d'intérêts que l'on juge (seuls) intéressés par la question, avec une large place pour les fameux z'experts; on leur demande d'établir un diagnostic de la situation problématique et de formuler des propositions; on négocie (c'est à dire: on tente de faire passer ses propositions pour celles de l'assemblée réunie); on signe un accord, on dicte au Parlement et on présente la facture à la nation (cette étape peut être reportée, si la réunion n'implique pas l'Etat mais un parti... il suffira d'attendre la prochaine échéance électorale). J'y vois un déni de liberté et de démocratie (même si je ne suis pas de ceux qui réclament la démocratie pour tout, pour moi, Parlement ne rime pas avec "Chambre d'enregistrement des oukases associatives et syndicales"). Et je n'apprécie pas le fait de financer le "Plan Marshall en faveur de..." qui découle de chaque consultation de ce type. Quant au nom... sans commentaire.

  Un jour, les syndicats, associations et sociétés influentes (aidées) auront des sièges attitrés à l'Assemblée (quoi, le CESE?). Vivement 2012 que je puisse me défouler juste un petit peu. Et espérer un changement de mode.

samedi 13 novembre 2010

Jeune, le GVT il te surkiffe grave sa race!

  Une araignée s'était installée dans un coin, mais je viens de la chasser. Ces horripilantes créatures ont la fâcheuse tendance à s'installer dans les lieux manquant d'activité, ne trouvez-vous pas?

  Le ministère de la Culture et de la communication a livré pour l'année de son cinquantenaire une innovation dont il a le secret: la "carte musique", censée permettre aux "jeunes" de 12 à 25 ans de bénéficier de réductions de 50% sur des services de musique en ligne. Quelle que soit l'offre choisie, nous dit le site entièrement dédié à la carte, elle finance jusqu'à 25€ sur un budget de 50€. 
  Pour comprendre le pourquoi de cette innovation, il suffit de demander à la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet, la très contestée HADOPI. La carte musique concourt au développement de l'offre légale de musique en ligne, en favorisant sa connaissance et son utilisation. Le développement de cette offre, au passage, est une mission d'intérêt général "pour la mise en oeuvre de laquelle l'HADOPI s'est vu confier un rôle privilégié par le législateur". J'ignorais que le développement d'une offre commerciale entrait dans le champ de compétence des autorités de l'Etat, pour ma part, et qu'il pouvait être qualifié de mission d'intérêt général lorsque l'offre en question était une offre musicale...
 
  Le lancement de la carte s'accompagne d'une campagne publique de propagande communication s'adressant aux "jeunes", et mettant en scène un "electro night dancer", un fan de rap, et deux autres clichés de jeunes qui peuplent sans doute l'imagination des cadres du ministère de la Culture. Le message? "Arrêtes de faire les choses à moitié, la carte musique t'offre la totale" [dans la limite de 50€, ce qui relativise la totale], "50% de mise, 100% Kiff". Plutôt dégradant et pour le moins ridicule s'agissant de l'image du gouvernement de la République française, consternant pour ce qui est de l'usage de la langue française, paternaliste et ringard ans la manière d'approcher les "jeunes".
  Coût de l'opération: 25 millions d'€. Pas mal, pour un gouvernement engagé dans la réduction des déficits publics. Coût moral de l'opération: incalculable. C'est bien la première fois que j'entends un gouvernement (de droite) défendre le principe consistant à remettre gratuitement à un individu des biens pour le dissuader d'en voler deux fois plus. Ce doit être cela, la magie de la "justice sociale". Je me pose une question. Pourquoi s'arrêter là? Il suffit de donner à un éventuel voleur la moitié de l'argenterie pour qu'il consente à vous régler de sa poche le reste: par cette intervention, vous concourrez au développement de l'offre légale d'argenterie, et vous mettez fin au vol...

 Couplez la carte musique au programme "mon journal offert" (qui a également un site dédié, les hommes d'Etat sont des grands fans du numérique), et vous parvenez à la même conclusion que moi: ce gouvernement doit dégager d'urgence. Et emmener avec lui une partie substantielle de notre classe politique. Si vous ne parvenez pas à cette conclusion, vous êtes un sectaire ignorant et raciste.

samedi 4 septembre 2010

La magie de l'inscription

- droits de médecine préventive (non sollicitée): 4,57€
- droits de scolarité (les seuls qui m'intéressent): 222€
- droits de Sécurité sociale (non sollicitée): 200€
- cotisation Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (le machin qui sert à "financer des projets d'étudiants", cad projets culturels, sportifs, humanitaires et d'insertion professionnelle émanant de lobbys étudiants, dont je me fiche pas mal, et à "aider des étudiants en difficulté", sans me demander mon avis): 15€
TOTAL: 441,57€, dont un peu moins de 50% qui n'ont rien à voir avec le service recherché, à savoir un enseignement. Le master commence bien...