mercredi 28 octobre 2009

Décentralisation...

  Surprise! La décentralisation à la mode française est chère! Incroyable... La Cour des Comptes nous étonne.
    Je ne vais pas rentrer dans de sordides détails d'organisation administrative (souvenirs de deuxième année...): dans son principe, la décentralisation - du moins la décentralisation territoriale - procède d'une idée plutôt bonne, celle de transférer des compétences de l'Etat à des collectivités territoriales (je dis plutôt, parce que je pense fermement que le schéma devrait être inverse: on partirait de l'individu, centre très important de compétences, pour arriver graduellement à l'Etat, centre résiduel de compétences... Avec notre décentralisation, on laisse de temps en temps des miettes aux échelons inférieurs prétendument "distincts" pour contenter l'électorat et point final).
  Donc je devrais me réjouir d'une telle politique. Mais non. Parce qu'au final, c'est plus cher qu'avant, et payé avec des revenus qui pourrais être miens. Ainsi, on a créé et multiplié les doublons: alors que l'Etat s'est lentement séparé de compétences durant 25 ans, il a embauché 400 000 fonctionnaires supplémentaires. Et pendant 25 ans, la "fonction publique territoriale" a elle aussi embauché: 500 000 agents, quant les transferts de personnel ne concernaient que 150 000 postes.
  Pourquoi une telle inflation? Parce qu'en décentralisant, on a donné un prétexte aux élus locaux pour embaucher, et donc se faire réélire (en montrant en bon peuple qu'on agit): "afin de faire face au désengagement croissant de l'Etat, bla bla bla". je le constate chaque mois dans la Pravda communale le magazine de la municipalité. Parce qu'en décentralisant, on a aussi voulu aider les collectivités territoriales, ce qui coûte de l'argent. Et enfin parce qu'on a seulement transféré des compétences d'Etat jusqu'à la commune en passant par d'autres échelons, sans remettre en question ces compétences d'une part, et sans se poser la question de savoir si on pouvait continuer jusqu'aux individus d'autre part.
  Bref, une bonne idée a en fait servi de prétexte pour légitimer les élus d'échelons pas toujours utiles (sérieusement, cela ne vous fait-il pas complètement *CENSURE* de savoir que les conseillers généraux de Campagneville-sur-la-rivière-EST s'occupent de vous et aident à la diffusion de la culture en subventionnant telle manifestation d'arts de rue? Avec votre argent? Pour se légitimer?), et accroître la puissance des barons locaux...

lundi 19 octobre 2009

Ya des jours comme ça...

  Journée pourrie... 1h30 de sommeil, levé à 6h30. J'ai eu la joie de me heurter à quasiment tous les meubles dans une zone comprise entre ma chambre et le pommeau de douche.
  7h25, départ. Je ressemble à un zombie, mes yeux se ferment tout seul. Traversée de la ville dans le noir, arrivée à la fac. Joie: le TD a lieu en C206, c'est à dire au deuxième étage, et il me reste 15 minutes de temps libre, l'occasion de fumer la première cigarette de la journée.
  TD. Je croyais ne pas tout avoir compris, mais c'était faux: je n'ai RIEN compris, mon devoir est par conséquence squelettique et il est à présent entre les mains de la chargée de TD... Enfin, je dois positiver: au moins, j'ai compris le cour sur la coutume. Dommage que ce soit à l'occasion du TD. A l'issue du TD, une pensée très très profonde: POURQUOI le droit international public existe-t-il? Réponse: pour pourrir les journées des étudiants en droit.
  Sortie, re-cigarette (que j'ai savouré, après deux heures d'abstinence et de déprime face à une chargée de TD qui parle de trucs qui semblent évidents). Trajet du retour (je sèche le droit fiscal: je veux dormir au moins trois heure, histoire de consacrer mon après-midi à... un autre TD. chouette!), tête qui tourne. Cinq étages, porte ---> ordi toujours alumé. Post inutile sur ma vie quotidienne, complainte de l'étudiant lassé par le droit public en général.
  Et ensuite: MY BEEEEEEEEEEEEEEEEED! réveil dans 3h! @ plus!

dimanche 18 octobre 2009

News toutes bêtes...



  Je ne suis pas très bon photographe (non sans rire?), mais j'ai tout de même tenté. Ces trois nouvelles amies se nomment, de gauche à droite (au cas quasi-certain où l'on ne pourrait pas lire mon écriture): Euphrosyne, Thalie et Aglaé. Bon je file, j'ai un TD de Droit international public à faire pour demain 8h, et j'ai pour objectif de comprendre ce qui m'est demandé avant 22h...

samedi 10 octobre 2009

Enervitude

  Cri d'alarme d'un ami de l'environnement. Je ne m'en prends pas aux grandes firmes transnationales, ni aux barons capitalistes exploiteurs. Je m'en prends... aux gens. Oui, aux gens, à quasiment l'ensemble des gens. Pourquoi? Pure possessivité: j'en ai assez de voir la masse succomber aux discours de fascistes verts en me piquant mon idée.

 Depuis peu, presque TOUT le monde se soucie d'environnement. Je devrais me dire: "Génial, ils deviennent subitement tous un peu plus responsables!". Au lieu de cela, je constate qu'au lieu de se remettre en question, ils en appellent à l'Etat, et que quand bien même ils se remettent en question, ils versent dans les théories fumeuses de la décroissance (et donc du "dé-progrès"). Toujours l'Etat, au final. Pire que tout : des militants des Verts de mon âge viennent vers moi et osent, je dis bien osent, m'expliquer que pour lutter contre le réchauffement climatique je dois 1/ adhérer, 2/ agir en signant X pétition, et 3/ détester notre capitaliste de monde pour ce qu'il engendre. Je connaissais déjà les problématiques environnementales avant même qu'ils ne sachent que le mot "écologie" existe... Bref, je suis attérré: la prise de conscience c'est fait, les décisions que je défends (c'est à dire la liberté, le juste prix des choses, la responsabilité), c'est loin d'être fait.

Exemple concret: Développer les renouvelables (j'ai une préférence pour le solaire). Selon moi, il faudrait d'abord supprimer les subventions dont elles bénéficient (créatrices de rentes injustifiées et massacreuses de paysages), supprimer les subventions dont peuvent bénéficier les énergies conventionnelles, et internaliser les risques pour tous les opérateurs et propriétaires de centrales. Ensuite, on laisse le marché tranquille (si le nucléaire est cher - ce qui est le cas, merci l'Etat pour tes choix - l'opérateur pourra abaisser ses coûts avec une autre énergie; si l'énergie est chère, les gens la gaspilleront moins... sinon, ils l'utiliseront, et ainsi de suite... bref, le marché, quoi). Pour les Verts, il faut augmenter les subventions publiques, faciliter les implantations, légiférer sans cesse, interdire le reste, et le tout en garantissant un prix assez bas pour les consommateurs. Consensus actuel sur la seconde position (qui pourtant procède du même principe qui a permis la floraison de centrales nucléaires qu'ils critiquent aujourd'hui: l'Etat légifère et agit en matière d'énergie). Zat isolé. Zat frustré. Frustration qui culmine avec le Grenelle Environnement, et se poursuit avec la "grenelle-envirionnementalisation" des mentalités.

  Re-exemple concret: le bio et les produits écolabellisés. Il m'arrive de consommer des aliments bio (quand j'ai de l'argent et que j'accepte de le dépenser), parce que je considère que c'est bien pour moi (ou plutôt: je me donne bonne conscience) et parce que généralement le design de l'emballage m'attire (grosse faiblesse: je suis attiré par les emballages, et j'achète... Je n'ai pas de volonté en matière de consommation =D). Pourtant, je n'impose pas aux autres d'en consommer, c'est une question personnelle. Je prend des pommes bio comme j'achète du salami danois rose fluo d'animaux qui n'ont jamais vu la lumière du jour. Je peux parfois tenter de convaincre les autres qu'acheter un gel WC "éco-label européen" c'est moins nocif pour les milieux aquatiques. Mais je ne l'impose pas (collocataires mis à part: quand c'est moi qui achète le gel WC, je choisis, donc mon choix peut s'imposer à eux... mais ils m'ont donné le pouvoir de choisir, donc... pas de pitié! Et en plus ils s'en fichent tellement qu'ils disent oui, vu que c'est mon argent). Les Verts, et maintenant les gens, exigent des quotas de produits bio dans les cantines scolaires, et veulent même faire légiférer dans ce sens. Pas question que l'établissement choisisse; non: ils préfèrent le bio, donc ils l'imposent. Qu'ils se contentent de convaincre, sans imposer!

  Les enfants, on s'achemine vers le meilleur des mondes! Youhou! (amertume).

dimanche 20 septembre 2009

Vue depuis mon Velux

Soir de septembre vu de mon velux

mercredi 16 septembre 2009

l'emploi du temps de ouf de sa reum de dingue de la mort!

Navré pour le titre. Mais ça me faisait rire (il en faut peu, JE SAIS). J'ai en effet pu lire mon emploi du temps de ce premier semestre, hors modifications et avec un doute sur les heures pas trop lisibles.
LUNDI: 10h-12h. Droit fiscal.
MARDI: 9h-12. Droit administratif des biens.
MERCREDI: 8h30-10h. Histoire des obligations. 10h-12h puis 13h-14h Droit international public.
JEUDI: 9h-12h. Droit pénal approfondi. 15h-16h30. Droit international public. 17h-19h. Contrats spéciaux.
VENDREDI: 13h-14h. Droit fiscal. 14h-17h Droit des sociétés. 17h-19h Contrats spéciaux.
1/ Je déteste me lever le matin.
2/Je déteste finir tard.
3/ Je déteste devoir finir tard alors que j'aurais pu commencer plus tôt.

mardi 15 septembre 2009

La France et mon tabac...

Enervant, le regard haineux de la vieille dame de ce matin en direction de ma cigarette alors qu'elle était facilement à cinq mètres de moi. Du coup, je me suis mis à réflechir sur l'attitude des pouvoirs publics sur mon addiction. Constat: la liberté en recul (étonnant quand on parle de pouvoirs publics).
Je comprends l'impossibilité de fumer dans des bâtiments publics: on a fait de l'Etat leur propriétaire, alors autant qu'il agisse en propriétaire, et s'il ne veut pas que je fume chez lui, OK. Je comprends et j'excuse aussi la tendance à créer des lieux spéciaux pour isoler les fumeurs: je ne vois aucune raison pour polluer des gens qui n'ont pas choisi de l'être.
Ce que je comprends moins, ce sont les autres restrictions. Prenons le train: pourquoi avoir supprimé les wagons fumeurs? On me répond que c'est à l'origine une pratique commerciale de la SNCF. Je veux bien, mais dans ce cas je devrais pouvoir choisir un concurrent maintenant des wagons fumeurs, ce qui est actuellement impossible. Prenons les discothèques: si le propriétaire en fait un lieux non-fumeur, les gens peuvent aller dehors. Si le propriétaire n'interdit pas la cigarette, et que des non-fumeurs sont mécontents, ils peuvent tout simplement... changer de boîte de nuit. Prenons les cafés-tabacs: là encore, si le propriétaire tolère les fumeurs, les non-fumeurs mécontents peuvent aller ailleurs... rien ne les OBLIGE à rester!
Passons maintenant aux prix. Jusqu'à récemment, je consommais des Marlboro normales au prix de 5,30€ (j'ai changé au profit de "cigarettes" dégueu mais moins cher...). Si l'on décompose ce prix, on obtient: 64% de droits d'accise, environ 16% de TVA, environ 12% pour le fabricant et 8% pour les buralistes (selon "les droits des non-fumeurs). C'est tout de même un peu fort: 80% de taxes! 80%!
Un conseil pour le gouvernement: s'il tient à restaurer mon pouvoir d'achat, qu'il commence par ôter ses mains sales de mon porte monnaie vide et s'occupe d'autre chose que mon addiction! J'ai la prétention d'être quelqu'un d'assez raisonnable, je SAIS que fumer risque très très très fort de me tuer, alors pourquoi vouloir me dissuader du fumer? C'est débile: j'ai le droit de vote, mais on me prend tellement pour un con qu'on augmente artificiellement le prix du tabac pour me dissuader. Bande de nazes... On devrait taxer la connerie et payer les hauts fonctionnaires à l'intelligence, l'Etat serait supra-riche et ce serait conforme à ses critères d'absurdité de l'impôt.

dimanche 13 septembre 2009

Rouen!

Les vacances sont presque finies (il me reste une toute petite semaine avant la reprise), il était temps de m'installer dans ma nouvelle chambre, dans l'appart fitness - cinq étages, aucun ascenseur, rue Jeanne d'Arc à Rouen. J'ai bougé les meubles, re-postérisé la chambre pour lui donner vie, installé une livebox qui m'a l'air plus "live" que l'autre, fait mon lit, rangé mes livres.
Demain, direction la scolarité de la fac pour donner la fiche d'inscription pédagogique. L'année a de fortes chances d'être intéressante, au vu des matières:

semestre 1
- contrats spéciaux (pris en TD)
- droit des sociétés
- droit fiscal général (angoisse)
- droit administratif des biens (re-angoisse)
- droit international public (pris en TD)
- histoire du droit des obligations (pris en TD)
- droit pénal approfondi (pris en TD; sinon c'était droit des assurances ou droit de la responsabilité administrative... mmmh... NAN)

semestre 2
- droit judiciaire privé (pris en TD)
- droit social/le contrat de travail
- libertés fondamentales (pris en TD; je me demande ce qu'ils vont y inclure)
- droit spécial des sociétés
- droit public de l'Union Européenne
- philosophie du droit
- droit de la consommation

lundi 31 août 2009

je les ai retrouvés!

Les documents permettant à ATTAC d'être subventionnée. L'agrément initial et le renouvellement de ce dernier. Dans le deuxième document, remarquez les visas, c'est drôle: on a apparemment en France une loi portant "diverses dispositions d'ordre social, éducatif et culturel" du 17 juillet 2001 (une Jospinade), un Conseil National et des Conseils départementaux de l'éducation populaire et de la jeunesse, et une loi permettant à l'Etat d'agréer selon le bon vouloir des personnes qui le représente les associations de jeunesse et d'éducation populaire. Puisqu'on vous dit que les élites de gôche pensent à la base!


Le document deux peut être trouvé ici (c'est le plus intéressant, car émanant d'un gouvernement de droite... alors Nico, on fait proliférer les marxistes? =D)

mardi 4 août 2009

Coup de blues...

Je vais avoir 20 ans (c'est pour moi une tragédie), et très sincèrement, je vis dans un pays qui parfois me déprime. L'Etat est surdéveloppé, l'administration ne me donne jamais l'impression d'être humaine, la classe politique m'écoeure, et les gens me lassent... Toujours à attendre que l'Etat vole à son secours...

L’Etat est un fléau, car il utilise pour parvenir à ses fins la coercition à l’encontre de ses citoyens. Cependant, ce fléau est nécessaire, car à l’heure actuelle il est illusoire de croire que les individus pourraient s’autolimiter et s’autogérer. Penser que l’Etat n’aurait plus vocation à exister, c’est croire que les individus pourraient eux-mêmes décider de ne plus s’entre-tuer, de ne plus convoiter les biens de leurs voisins et en somme de ne plus bafouer les libertés des autres individus. Ce serait en fait admettre que l’axiome « ma liberté s’arrête là où commence celle de mon voisin » serait traduit en acte, inscrit dans la conscience de tous les individus.

L’Etat est donc par essence un fléau nécessaire : il permet de garantir les libertés fondamentales de chaque individu en exerçant les fonctions de police, de défense, de diplomatie ou de justice. En retour, il fait payer ses services à chaque citoyen, transformé à cette occasion en contribuable : c’est le fondement de l’impôt. Dans la théorie, il prélève la juste somme de façon égale sur chaque citoyen, pour ne léser personne. Mais apparemment l’Etat « moderne » ne répond plus à cette définition. De fléau nécessaire, il est devenu fléau pour une part non-négligeable superflu. Il s’occupe maintenant de s’assurer du bonheur, de la prospérité de chacun des citoyens, que ce dernier le veuille ou non : il gère son environnement, prend aux uns pour redonner aux autres sans justification raisonnable, détermine parfois les prix de certains biens pour les faire correspondre aux vues de ses créatures, gère directement certaines activités sous couvert de « service public » (dont la définition n'est jamais claire), impose la solidarité à tous… L’Etat s’est mué en « grand ordonnateur » de la société civile, en faisant payer à cette dernière ce nouveau rôle au prix fort. La santé, le travail, l’environnement, la culture, le logement, l’éducation, la jeunesse, le sport, les retraites, l’Histoire même : il n’y a presque plus rien qui ne soit passé sous la coupe de l’Etat-providence, qu’il conviendrait finalement de renommer Léviathan. En parallèle, il n’y a presque rien qui ne soit pas taxé et réglementé par l’Etat. Pourrait-il en être autrement ? Certainement. Mais l’alternative fait peur, elle est redoutée, à la fois des servants de l’Etat et des citoyens que l’on a patiemment asservi. Cette alternative se résume à un mot, tout simple : liberté. Elle se structure par le corollaire de celle-ci, la responsabilité. Et implique une notion semble-t-il oubliée : l’Etat anorexique. L’Etat restreint dans les domaines de compétences où il est légitime et où il ne peut en être autrement du fait de l’incapacité des individus de s’autogérer.

Le système de la liberté a l’avantage de laisser l’individu seul maître de ses choix, en suivant sa propre échelle de valeurs, pourvu qu’il respecte un ordre public qui pourrait se résumer par le refus de voir quiconque outrepasser les droits d’autrui. L’argent prélevé sur la fortune de l’individu par la puissance publique ne sert qu’à s’assurer que les droits de chacun seront respectés. Pour le reste, libre décision ! Si la société ne supporte pas de voir quelques uns de ses membres sombrer dans un état de misère (le mot est tellement plus frappant et moins aseptisé que « précarité »), et qu’elle autorise une atteinte au principe de l’Etat minimal, elle peut toujours mettre en place des solutions certes intrusives et gourmandes en argent public, mais tellement plus mesurées que dans l’assistanat à grande échelle mâtiné d’égalitarisme et de haine des riches : il suffit qu’elle se souvienne qu’une société inégalitaire mais assurant à chacun de ses membres un état de prospérité suffisant est plus efficient qu’une société prétendument égalitaire ou la majorité des membres ont sombré dans la pauvreté. Et en conséquence, elle peut prélever un peu plus sur l’ensemble de la collectivité pour financer des centres d’hébergement d’urgence, pour financer des aides individuelles et non des aides à des structures, tout en s’assurant que des contreparties existent. Il n’est pas besoin qu’elle s’embête à créer des barrières et protections dites « sociales » artificielles, qu’elle permette l’entretient d’une véritable armée de fonctionnaires, qu’elle réglemente toute la vie des citoyens, qu’elle s’occupe de leur culture ou de leur retraite, qu’elle entretienne une « politique de l’emploi » du reste inefficace…

Dans ce système de la liberté, même dilué par une certaines aspiration à la générosité, la Sécurité sociale « à la française » n’existerait pas (pour mon plus grand bonheur) : chacun pourrait choisir qui va l’assurer, pour quel montant et pour quelles prestations. Le salaire versé par l’employeur correspondrait à la réalité du travail effectué, sans « salaire minimum » unique décidé par une élite politique si prompte à la démagogie en temps d’élection, ni prélèvements sociaux parfois honteusement qualifiés de « cotisations » : à chacun de décider, une fois ses impôts (minimaux) versés, où placer son argent, c'est-à-dire que consacrer à sa santé, à sa retraite, à sa consommation… L’Etat ne subventionnerait pas en pure perte des activités déficitaires par souci idéologique : le consommateur déciderait. Ses représentants ne s'endetteraient pas sur mon dos en attendant qu'une crise qu'ils ont en partie provoquée s'apaise. Le chef de l'Etat ne lancerait pas de "GRAND" emprunt national pour masquer 30 ans de non-gestion des finances publiques. La chose politique ne se soucierait que d’ordre public, la législation ne se préoccuperait par exemple pas de savoir si la prostitution est conforme ou non aux mœurs, se contentant ne sanctionner que les atteintes au consentement de personnes libres. On ne chercherait pas à interdire le cannabis ou le voile parce que cela ne plaît pas à une certaine catégorie: on les réglementerait de façon à ce que la liberté concorde avec les droits des autres.

Bref : on laisserait les gens tranquilles. Et moi avec.

jeudi 23 juillet 2009

Le foutoir...

Je n'aurais jamais dû l'ouvrir. Mon dossier "Sécu/Mutuelle(s)/Santé". Mais je l'ai ouvert, et là, pshhhhhhhhhhhhhhhhh!!! Un tas de papiers qui débordent, s'envolent et glissent sous les meubles. Et dedans, je constate avec une légère envie de tout détruire que je n'y comprends rien. Enfin, si, je finis par comprendre, mais dans l'instant, je suis submergé par tant d'informations, de numéros, d'en-têtes, d'attestations...

Je vous l'accorde, il est 4h du matin passé, je suis TOUJOURS debout (j'ai tenté de faire une lessive tout seul... "c'est siiiimple tu verras: tu mets le produit X dans le petit tiroir Y puis tu ferme, du mets le produit Z dans le gobelet, tu fermes puis tu mets en marche"... 1/ J'oublie le nom des produits et leur destination, 2/ J'ouvre le petit tiroir et Ssssurprise, il est divisé en trois parties!! j'ai abandonné: j'appelerais les propriétaires légitimes du cube blanc dans quelques heures... le lave-vaisselle est bien plus simple). Donc je dois être légèrement fatigué. N'empêche: c'est trop de papiers pour un seul homme. La sécu, les complémentaires santé, les relevés de prestations, les "Cher monsieur" qui se terminent en "pour la garantie obligatoire vous avez le choix", tout cela me pèse. Et dedans, je dois retrouver un sésame baptisé "attestation d'assuré social avec numéro de sécu." pour le fournir à l'administration universitaire qui décidément me pompe l'air (oui: une moitié de la procédure se fait par internet, mais pour le reste, prière de se déplacer, et ce une fois envoyé les précieux documents dont des photographies, le récapitulatif de l'inscription, une enveloppe timbrée... bien entendu.).

Là j'ai besoin d'un truc: UNE assurance santé UNIQUE, privée bien entendu, que je connais, et qui m'éviterais d'avoir à distinguer l'assurance maladie publique et obligatoire du centre payeur, le centre payeur de la complémentaire santé qui pourtant porte le même nom, le tout de la mutuelle de mes parents. Parce que là l'heure est grave... Je suis submergé.

mardi 14 juillet 2009

Pour info

[...] M. Prohibant (ce n'est pas moi qui l'ai nommé, c'est M. Charles Dupin, qui depuis... mais alors...), M. Prohibant consacrait son temps et ses capitaux à convertir en fer le minerai de ses terres. Comme la nature avait été plus prodigue envers les Belges, ils donnaient le fer aux Français à meilleur marché que M. Prohibant, ce qui signifie que tous les Français, ou la France, pouvaient obtenir une quantité donnée de fer avec moins de travail, en l'achetant aux honnêtes Flamands. Aussi, guidés par leur intérêt, ils n'y faisaient faute, et tous les jours on voyait une multitude de cloutiers, forgerons, charrons, mécaniciens, maréchaux-ferrands et laboureurs, aller par eux-mêmes, ou par des intermédiaires, se pourvoir en Belgique.
Cela déplut fort à M. Prohibant. D'abord l'idée lui vint d'arrêter cet abus par ses propres forces. C'était bien le moins, puisque lui seul en souffrait. Je prendrai ma carabine, se dit-il, je mettrai quatre pistolets à ma ceinture, je garnirai ma giberne, je ceindrai ma flamberge, et je me porterai, ainsi équipé à la frontière. Là, le premier forgeron, cloutier, maréchal, mécanicien ou serrurier qui se présente, pour faire ses affaires et non les miennes, je le tue, pour lui apprendre à vivre.

Au moment de partir, M. Prohibant fit quelques réflexions qui tempérèrent un peu son ardeur belliqueuse. Il se dit: il n'est pas absolument impossible que les acheteur de fer, mes compatriotes et ennemis, ne prennent mal la chose, et qu'au lieu de se laisser tuer, ils ne me tuent moi-même. Ensuite, même en faisant marcher tous mes domestiques, nous ne pourrons garder tous les passages. Enfin le procédé me coûtera fort cher, plus cher que ne vaut le résultat.
M. Prohibant allait tristement se résigner à n'être que libre comme tout le monde, quand un trait de lumière vint illuminer son cerveau. Il se rappela qu'il y a à Paris une grande fabrique de lois. Qu'est-ce qu'une loi? se dit-il. C'est une mesure à laquelle, une fois décrétée, bonne ou mauvaise, chacun est tenu de se conformer. Pour l'exécution d'icelle, on organise une force publique, et, pour constituer ladite force publique, on puise dans la nation des hommes et de l'argent.
Si j'obtenais qu'il sortît de la grande fabrique parisienne une toute petite loi portant: « Le fer belge est prohibé, » j'atteindrais les résultats suivants: le gouvernement ferait remplacer les quelques valets que je voulais envoyer à la frontière par vingt mille fils de mes forgerons, serruriers, maréchaux, artisans, mécaniciens et laboureurs récalcitrants. Puis, pour tenir en bonne disposition de joie et de santé ces vingt mille douaniers, il leur distribuerait vingt-cinq millions de francs pris à ces mêmes forgerons, cloutiers, artisans et laboureurs. La garde en serait mieux faite; elle ne me coûterait rien, je ne serais pas exposé à la brutalité des brocanteurs, je vendrais le fer à mon prix, et je jouirais de la douce récréation de voir notre grand peuple honteusement mystifié. Cela lui apprendrait à se proclamer sans cesse le précurseur et le promoteur de tout progrès en Europe. Oh! le trait serait piquant et vaut la peine d'être tenté.

Donc, M. Prohibant se rendit à la fabrique de lois. — Une autre fois peut-être je raconterai l'histoire de ses sourdes menées; aujourd'hui je ne veux parler que de ses démarches ostensibles. — Il fit valoir auprès de MM. les législateurs cette considération:
« Le fer belge se vend en France à dix francs, ce qui me force de vendre le mien au même prix. J'aimerais mieux le vendre à quinze et ne le puis, à cause de ce fer belge, que Dieu maudisse. Fabriquez une loi qui dise: — Le fer belge n'entrera plus en France. — Aussitôt j'élève mon prix de cinq francs, et voici les conséquences: »
« Pour chaque quintal de fer que je livrerai au public, au lieu de recevoir dix francs, j'en toucherai quinze, je m'enrichirai plus vite, je donnerai plus d'étendue à mon exploitation, j'occuperai plus d'ouvriers. Mes ouvriers et moi ferons plus de dépense, au grand avantage de nos fournisseurs à plusieurs lieues à la ronde. Ceux-ci, ayant plus de débouchés, feront plus de commandes à l'industrie et, de proche en proche, l'activité gagnera tout le pays. Cette bienheureuse pièce de cent sous, que vous ferez tomber dans mon coffre-fort, comme une pierre qu'on jette dans un lac, fera rayonner au loin un nombre infini de cercles concentriques. »

Charmés de ce discours, enchantés d'apprendre qu'il est si aisé d'augmenter législativement la fortune d'un peuple, les fabricants de lois votèrent la Restriction. Que parle-t-on de travail et d'économie? disaient-ils. À quoi bon ces pénibles moyens d'augmenter la richesse nationale, puisqu'un Décret y suffit?
Et en effet, la loi eut toutes les conséquences annoncées par M. Prohibant; seulement elle en eut d'autres aussi, car, rendons-lui justice, il n'avait pas fait un raisonnement faux, mais un raisonnement incomplet. En réclamant un privilège, il avait signalé les effets qu'on voit, laissant dans l'ombre ceux qu'on ne voit pas. Il n'avait montré que deux personnages, quand il y en a trois en scène. C'est à nous de réparer cette oubli involontaire ou prémédité.

Oui, l'écu détourné ainsi législativement vers le coffre-fort de M. Prohibant, constitue un avantage pour lui et pour ceux dont il doit encourager le travail. — Et si le décret avait fait descendre cet écu de la lune, ces bons effets ne seraient contrebalancés par aucuns mauvais effets compensateurs. Malheureusement, ce n'est pas de la lune que sort la mystérieuse pièce de cent sous, mais bien de la poche d'un forgeron, cloutier, charron, maréchal, laboureur, constructeur, en un mot, de Jacques Bonhomme, qui la donne aujourd'hui, sans recevoir un milligramme de fer de plus que du temps où il le payait dix francs. Au premier coup d'œil, on doit bien s'apercevoir que ceci change bien la question, car, bien évidemment, le Profit de M. Prohibant est compensé par la Perte de Jacques Bonhomme, et tout ce que M. Prohibant pourra faire de cet écu pour l'encouragement du travail Jacques Bonhomme l'eût fait de même. La pierre n'est jetée sur un point du lac que parce qu'elle a été législativement empêchée d'être jetée sur un autre.

Donc, ce qu'on ne voit pas compense ce qu'on voit, et jusqu'ici il reste, pour résidu de l'opération, une injustice, et, chose déplorable! une injustice perpétrée par la loi.
Ce n'est pas tout. J'ai dit qu'on laissait toujours dans l'ombre un troisième personnage. Il faut que je le fasse ici paraître afin qu'il nous révèle une seconde perte de cinq francs. Alors nous aurons le résultat de l'évolution tout entière.

Jacques Bonhomme est possesseur de 15 fr., fruit de ses sueurs. Nous sommes encore au temps où il est libre. Que fait-il de ses 15 fr.? Il achète un article de mode pour 10 fr., et c'est avec cet article de mode qu'il paye (ou que l'Intermédiaire paye pour lui) le quintal de fer belge. Il reste encore à Jacques Bonhomme 5 fr. Il ne les jette pas dans la rivière, mais (et c'est ce qu'on ne voit pas) il les donne à un industriel quelconque en échange d'une jouissance quelconque, par exemple à un libraire contre le discours sur l'Histoire universelle de Bossuet.

Ainsi, en ce qui concerne le travail national, il est encouragé dans la mesure de 15 fr., savoir:
10 fr. qui vont à l'article Paris;
5 fr. qui vont à la librairie.
Et quant à Jacques Bonhomme, il obtient pour ses 15 fr., deux objets de satisfaction, savoir:
1° Un quintal de fer;
2° Un livre.

Survient le décret.

Que devient la condition de Jacques Bonhomme? Que devient celle du travail national?
Jacques Bonhomme livrant ses 15 fr. jusqu'au dernier centime à M. Prohibant, contre un quintal de fer, n'a plus que la jouissance de ce quintal de fer. Il perd la jouissance d'un livre ou de tout autre objet équivalent. Il perd 5 francs. On en convient; on ne peut pas ne pas en convenir; on ne peut pas ne pas convenir que, lorsque la restriction hausse le prix des choses, le consommateur perd la différence.
Mais, dit-on, le travail national la gagne.
Non, il ne la gagne pas; car, depuis le décret, il n'est encouragé que comme il l'était avant, dans la mesure de 15 fr.

Seulement, depuis le décret, les 15 fr. de Jacques Bonhomme vont à la métallurgie, tandis qu'avant le décret ils se partageaient entre l'article de mode et la librairie.
La violence qu'exerce par lui-même M. Prohibant à la frontière ou celle qu'il y fait exercer par la loi peuvent être jugées fort différemment, au point de vue moral. Il y a des gens qui pensent que la spoliation perd toute son immoralité pourvu qu'elle soit légale. Quant à moi, je ne saurais imaginer une circonstance plus aggravante. Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que les résultats économiques sont les mêmes.

Tenez la chose comme vous voudrez, mais ayez l'œil sagace et vous verrez qu'il ne sort rien de bon de la spoliation légale et illégale. Nous ne nions pas qu'il n'en sorte pour M. Prohibant ou son industrie, ou si l'on veut pour le travail national, un profit de 5 fr. Mais nous affirmons qu'il en sort aussi deux pertes, l'une pour Jacques Bonhomme qui paye 15 fr. ce qu'il avait pour 10; l'autre pour le travail national qui ne reçoit plus la différence. Choisissez celle de ces deux pertes avec laquelle il vous plaise de compenser le profit que nous avouons. L'autre n'en constituera pas moins une perte sèche.

Moralité: Violenter n'est pas produire, c'est détruire. Oh! si violenter c'était produire, notre France serait plus riche qu'elle n'est.
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F. Bastiat
(http://bastiat.org/)