lundi 31 août 2009

je les ai retrouvés!

Les documents permettant à ATTAC d'être subventionnée. L'agrément initial et le renouvellement de ce dernier. Dans le deuxième document, remarquez les visas, c'est drôle: on a apparemment en France une loi portant "diverses dispositions d'ordre social, éducatif et culturel" du 17 juillet 2001 (une Jospinade), un Conseil National et des Conseils départementaux de l'éducation populaire et de la jeunesse, et une loi permettant à l'Etat d'agréer selon le bon vouloir des personnes qui le représente les associations de jeunesse et d'éducation populaire. Puisqu'on vous dit que les élites de gôche pensent à la base!


Le document deux peut être trouvé ici (c'est le plus intéressant, car émanant d'un gouvernement de droite... alors Nico, on fait proliférer les marxistes? =D)

mardi 4 août 2009

Coup de blues...

Je vais avoir 20 ans (c'est pour moi une tragédie), et très sincèrement, je vis dans un pays qui parfois me déprime. L'Etat est surdéveloppé, l'administration ne me donne jamais l'impression d'être humaine, la classe politique m'écoeure, et les gens me lassent... Toujours à attendre que l'Etat vole à son secours...

L’Etat est un fléau, car il utilise pour parvenir à ses fins la coercition à l’encontre de ses citoyens. Cependant, ce fléau est nécessaire, car à l’heure actuelle il est illusoire de croire que les individus pourraient s’autolimiter et s’autogérer. Penser que l’Etat n’aurait plus vocation à exister, c’est croire que les individus pourraient eux-mêmes décider de ne plus s’entre-tuer, de ne plus convoiter les biens de leurs voisins et en somme de ne plus bafouer les libertés des autres individus. Ce serait en fait admettre que l’axiome « ma liberté s’arrête là où commence celle de mon voisin » serait traduit en acte, inscrit dans la conscience de tous les individus.

L’Etat est donc par essence un fléau nécessaire : il permet de garantir les libertés fondamentales de chaque individu en exerçant les fonctions de police, de défense, de diplomatie ou de justice. En retour, il fait payer ses services à chaque citoyen, transformé à cette occasion en contribuable : c’est le fondement de l’impôt. Dans la théorie, il prélève la juste somme de façon égale sur chaque citoyen, pour ne léser personne. Mais apparemment l’Etat « moderne » ne répond plus à cette définition. De fléau nécessaire, il est devenu fléau pour une part non-négligeable superflu. Il s’occupe maintenant de s’assurer du bonheur, de la prospérité de chacun des citoyens, que ce dernier le veuille ou non : il gère son environnement, prend aux uns pour redonner aux autres sans justification raisonnable, détermine parfois les prix de certains biens pour les faire correspondre aux vues de ses créatures, gère directement certaines activités sous couvert de « service public » (dont la définition n'est jamais claire), impose la solidarité à tous… L’Etat s’est mué en « grand ordonnateur » de la société civile, en faisant payer à cette dernière ce nouveau rôle au prix fort. La santé, le travail, l’environnement, la culture, le logement, l’éducation, la jeunesse, le sport, les retraites, l’Histoire même : il n’y a presque plus rien qui ne soit passé sous la coupe de l’Etat-providence, qu’il conviendrait finalement de renommer Léviathan. En parallèle, il n’y a presque rien qui ne soit pas taxé et réglementé par l’Etat. Pourrait-il en être autrement ? Certainement. Mais l’alternative fait peur, elle est redoutée, à la fois des servants de l’Etat et des citoyens que l’on a patiemment asservi. Cette alternative se résume à un mot, tout simple : liberté. Elle se structure par le corollaire de celle-ci, la responsabilité. Et implique une notion semble-t-il oubliée : l’Etat anorexique. L’Etat restreint dans les domaines de compétences où il est légitime et où il ne peut en être autrement du fait de l’incapacité des individus de s’autogérer.

Le système de la liberté a l’avantage de laisser l’individu seul maître de ses choix, en suivant sa propre échelle de valeurs, pourvu qu’il respecte un ordre public qui pourrait se résumer par le refus de voir quiconque outrepasser les droits d’autrui. L’argent prélevé sur la fortune de l’individu par la puissance publique ne sert qu’à s’assurer que les droits de chacun seront respectés. Pour le reste, libre décision ! Si la société ne supporte pas de voir quelques uns de ses membres sombrer dans un état de misère (le mot est tellement plus frappant et moins aseptisé que « précarité »), et qu’elle autorise une atteinte au principe de l’Etat minimal, elle peut toujours mettre en place des solutions certes intrusives et gourmandes en argent public, mais tellement plus mesurées que dans l’assistanat à grande échelle mâtiné d’égalitarisme et de haine des riches : il suffit qu’elle se souvienne qu’une société inégalitaire mais assurant à chacun de ses membres un état de prospérité suffisant est plus efficient qu’une société prétendument égalitaire ou la majorité des membres ont sombré dans la pauvreté. Et en conséquence, elle peut prélever un peu plus sur l’ensemble de la collectivité pour financer des centres d’hébergement d’urgence, pour financer des aides individuelles et non des aides à des structures, tout en s’assurant que des contreparties existent. Il n’est pas besoin qu’elle s’embête à créer des barrières et protections dites « sociales » artificielles, qu’elle permette l’entretient d’une véritable armée de fonctionnaires, qu’elle réglemente toute la vie des citoyens, qu’elle s’occupe de leur culture ou de leur retraite, qu’elle entretienne une « politique de l’emploi » du reste inefficace…

Dans ce système de la liberté, même dilué par une certaines aspiration à la générosité, la Sécurité sociale « à la française » n’existerait pas (pour mon plus grand bonheur) : chacun pourrait choisir qui va l’assurer, pour quel montant et pour quelles prestations. Le salaire versé par l’employeur correspondrait à la réalité du travail effectué, sans « salaire minimum » unique décidé par une élite politique si prompte à la démagogie en temps d’élection, ni prélèvements sociaux parfois honteusement qualifiés de « cotisations » : à chacun de décider, une fois ses impôts (minimaux) versés, où placer son argent, c'est-à-dire que consacrer à sa santé, à sa retraite, à sa consommation… L’Etat ne subventionnerait pas en pure perte des activités déficitaires par souci idéologique : le consommateur déciderait. Ses représentants ne s'endetteraient pas sur mon dos en attendant qu'une crise qu'ils ont en partie provoquée s'apaise. Le chef de l'Etat ne lancerait pas de "GRAND" emprunt national pour masquer 30 ans de non-gestion des finances publiques. La chose politique ne se soucierait que d’ordre public, la législation ne se préoccuperait par exemple pas de savoir si la prostitution est conforme ou non aux mœurs, se contentant ne sanctionner que les atteintes au consentement de personnes libres. On ne chercherait pas à interdire le cannabis ou le voile parce que cela ne plaît pas à une certaine catégorie: on les réglementerait de façon à ce que la liberté concorde avec les droits des autres.

Bref : on laisserait les gens tranquilles. Et moi avec.

jeudi 23 juillet 2009

Le foutoir...

Je n'aurais jamais dû l'ouvrir. Mon dossier "Sécu/Mutuelle(s)/Santé". Mais je l'ai ouvert, et là, pshhhhhhhhhhhhhhhhh!!! Un tas de papiers qui débordent, s'envolent et glissent sous les meubles. Et dedans, je constate avec une légère envie de tout détruire que je n'y comprends rien. Enfin, si, je finis par comprendre, mais dans l'instant, je suis submergé par tant d'informations, de numéros, d'en-têtes, d'attestations...

Je vous l'accorde, il est 4h du matin passé, je suis TOUJOURS debout (j'ai tenté de faire une lessive tout seul... "c'est siiiimple tu verras: tu mets le produit X dans le petit tiroir Y puis tu ferme, du mets le produit Z dans le gobelet, tu fermes puis tu mets en marche"... 1/ J'oublie le nom des produits et leur destination, 2/ J'ouvre le petit tiroir et Ssssurprise, il est divisé en trois parties!! j'ai abandonné: j'appelerais les propriétaires légitimes du cube blanc dans quelques heures... le lave-vaisselle est bien plus simple). Donc je dois être légèrement fatigué. N'empêche: c'est trop de papiers pour un seul homme. La sécu, les complémentaires santé, les relevés de prestations, les "Cher monsieur" qui se terminent en "pour la garantie obligatoire vous avez le choix", tout cela me pèse. Et dedans, je dois retrouver un sésame baptisé "attestation d'assuré social avec numéro de sécu." pour le fournir à l'administration universitaire qui décidément me pompe l'air (oui: une moitié de la procédure se fait par internet, mais pour le reste, prière de se déplacer, et ce une fois envoyé les précieux documents dont des photographies, le récapitulatif de l'inscription, une enveloppe timbrée... bien entendu.).

Là j'ai besoin d'un truc: UNE assurance santé UNIQUE, privée bien entendu, que je connais, et qui m'éviterais d'avoir à distinguer l'assurance maladie publique et obligatoire du centre payeur, le centre payeur de la complémentaire santé qui pourtant porte le même nom, le tout de la mutuelle de mes parents. Parce que là l'heure est grave... Je suis submergé.

mardi 14 juillet 2009

Pour info

[...] M. Prohibant (ce n'est pas moi qui l'ai nommé, c'est M. Charles Dupin, qui depuis... mais alors...), M. Prohibant consacrait son temps et ses capitaux à convertir en fer le minerai de ses terres. Comme la nature avait été plus prodigue envers les Belges, ils donnaient le fer aux Français à meilleur marché que M. Prohibant, ce qui signifie que tous les Français, ou la France, pouvaient obtenir une quantité donnée de fer avec moins de travail, en l'achetant aux honnêtes Flamands. Aussi, guidés par leur intérêt, ils n'y faisaient faute, et tous les jours on voyait une multitude de cloutiers, forgerons, charrons, mécaniciens, maréchaux-ferrands et laboureurs, aller par eux-mêmes, ou par des intermédiaires, se pourvoir en Belgique.
Cela déplut fort à M. Prohibant. D'abord l'idée lui vint d'arrêter cet abus par ses propres forces. C'était bien le moins, puisque lui seul en souffrait. Je prendrai ma carabine, se dit-il, je mettrai quatre pistolets à ma ceinture, je garnirai ma giberne, je ceindrai ma flamberge, et je me porterai, ainsi équipé à la frontière. Là, le premier forgeron, cloutier, maréchal, mécanicien ou serrurier qui se présente, pour faire ses affaires et non les miennes, je le tue, pour lui apprendre à vivre.

Au moment de partir, M. Prohibant fit quelques réflexions qui tempérèrent un peu son ardeur belliqueuse. Il se dit: il n'est pas absolument impossible que les acheteur de fer, mes compatriotes et ennemis, ne prennent mal la chose, et qu'au lieu de se laisser tuer, ils ne me tuent moi-même. Ensuite, même en faisant marcher tous mes domestiques, nous ne pourrons garder tous les passages. Enfin le procédé me coûtera fort cher, plus cher que ne vaut le résultat.
M. Prohibant allait tristement se résigner à n'être que libre comme tout le monde, quand un trait de lumière vint illuminer son cerveau. Il se rappela qu'il y a à Paris une grande fabrique de lois. Qu'est-ce qu'une loi? se dit-il. C'est une mesure à laquelle, une fois décrétée, bonne ou mauvaise, chacun est tenu de se conformer. Pour l'exécution d'icelle, on organise une force publique, et, pour constituer ladite force publique, on puise dans la nation des hommes et de l'argent.
Si j'obtenais qu'il sortît de la grande fabrique parisienne une toute petite loi portant: « Le fer belge est prohibé, » j'atteindrais les résultats suivants: le gouvernement ferait remplacer les quelques valets que je voulais envoyer à la frontière par vingt mille fils de mes forgerons, serruriers, maréchaux, artisans, mécaniciens et laboureurs récalcitrants. Puis, pour tenir en bonne disposition de joie et de santé ces vingt mille douaniers, il leur distribuerait vingt-cinq millions de francs pris à ces mêmes forgerons, cloutiers, artisans et laboureurs. La garde en serait mieux faite; elle ne me coûterait rien, je ne serais pas exposé à la brutalité des brocanteurs, je vendrais le fer à mon prix, et je jouirais de la douce récréation de voir notre grand peuple honteusement mystifié. Cela lui apprendrait à se proclamer sans cesse le précurseur et le promoteur de tout progrès en Europe. Oh! le trait serait piquant et vaut la peine d'être tenté.

Donc, M. Prohibant se rendit à la fabrique de lois. — Une autre fois peut-être je raconterai l'histoire de ses sourdes menées; aujourd'hui je ne veux parler que de ses démarches ostensibles. — Il fit valoir auprès de MM. les législateurs cette considération:
« Le fer belge se vend en France à dix francs, ce qui me force de vendre le mien au même prix. J'aimerais mieux le vendre à quinze et ne le puis, à cause de ce fer belge, que Dieu maudisse. Fabriquez une loi qui dise: — Le fer belge n'entrera plus en France. — Aussitôt j'élève mon prix de cinq francs, et voici les conséquences: »
« Pour chaque quintal de fer que je livrerai au public, au lieu de recevoir dix francs, j'en toucherai quinze, je m'enrichirai plus vite, je donnerai plus d'étendue à mon exploitation, j'occuperai plus d'ouvriers. Mes ouvriers et moi ferons plus de dépense, au grand avantage de nos fournisseurs à plusieurs lieues à la ronde. Ceux-ci, ayant plus de débouchés, feront plus de commandes à l'industrie et, de proche en proche, l'activité gagnera tout le pays. Cette bienheureuse pièce de cent sous, que vous ferez tomber dans mon coffre-fort, comme une pierre qu'on jette dans un lac, fera rayonner au loin un nombre infini de cercles concentriques. »

Charmés de ce discours, enchantés d'apprendre qu'il est si aisé d'augmenter législativement la fortune d'un peuple, les fabricants de lois votèrent la Restriction. Que parle-t-on de travail et d'économie? disaient-ils. À quoi bon ces pénibles moyens d'augmenter la richesse nationale, puisqu'un Décret y suffit?
Et en effet, la loi eut toutes les conséquences annoncées par M. Prohibant; seulement elle en eut d'autres aussi, car, rendons-lui justice, il n'avait pas fait un raisonnement faux, mais un raisonnement incomplet. En réclamant un privilège, il avait signalé les effets qu'on voit, laissant dans l'ombre ceux qu'on ne voit pas. Il n'avait montré que deux personnages, quand il y en a trois en scène. C'est à nous de réparer cette oubli involontaire ou prémédité.

Oui, l'écu détourné ainsi législativement vers le coffre-fort de M. Prohibant, constitue un avantage pour lui et pour ceux dont il doit encourager le travail. — Et si le décret avait fait descendre cet écu de la lune, ces bons effets ne seraient contrebalancés par aucuns mauvais effets compensateurs. Malheureusement, ce n'est pas de la lune que sort la mystérieuse pièce de cent sous, mais bien de la poche d'un forgeron, cloutier, charron, maréchal, laboureur, constructeur, en un mot, de Jacques Bonhomme, qui la donne aujourd'hui, sans recevoir un milligramme de fer de plus que du temps où il le payait dix francs. Au premier coup d'œil, on doit bien s'apercevoir que ceci change bien la question, car, bien évidemment, le Profit de M. Prohibant est compensé par la Perte de Jacques Bonhomme, et tout ce que M. Prohibant pourra faire de cet écu pour l'encouragement du travail Jacques Bonhomme l'eût fait de même. La pierre n'est jetée sur un point du lac que parce qu'elle a été législativement empêchée d'être jetée sur un autre.

Donc, ce qu'on ne voit pas compense ce qu'on voit, et jusqu'ici il reste, pour résidu de l'opération, une injustice, et, chose déplorable! une injustice perpétrée par la loi.
Ce n'est pas tout. J'ai dit qu'on laissait toujours dans l'ombre un troisième personnage. Il faut que je le fasse ici paraître afin qu'il nous révèle une seconde perte de cinq francs. Alors nous aurons le résultat de l'évolution tout entière.

Jacques Bonhomme est possesseur de 15 fr., fruit de ses sueurs. Nous sommes encore au temps où il est libre. Que fait-il de ses 15 fr.? Il achète un article de mode pour 10 fr., et c'est avec cet article de mode qu'il paye (ou que l'Intermédiaire paye pour lui) le quintal de fer belge. Il reste encore à Jacques Bonhomme 5 fr. Il ne les jette pas dans la rivière, mais (et c'est ce qu'on ne voit pas) il les donne à un industriel quelconque en échange d'une jouissance quelconque, par exemple à un libraire contre le discours sur l'Histoire universelle de Bossuet.

Ainsi, en ce qui concerne le travail national, il est encouragé dans la mesure de 15 fr., savoir:
10 fr. qui vont à l'article Paris;
5 fr. qui vont à la librairie.
Et quant à Jacques Bonhomme, il obtient pour ses 15 fr., deux objets de satisfaction, savoir:
1° Un quintal de fer;
2° Un livre.

Survient le décret.

Que devient la condition de Jacques Bonhomme? Que devient celle du travail national?
Jacques Bonhomme livrant ses 15 fr. jusqu'au dernier centime à M. Prohibant, contre un quintal de fer, n'a plus que la jouissance de ce quintal de fer. Il perd la jouissance d'un livre ou de tout autre objet équivalent. Il perd 5 francs. On en convient; on ne peut pas ne pas en convenir; on ne peut pas ne pas convenir que, lorsque la restriction hausse le prix des choses, le consommateur perd la différence.
Mais, dit-on, le travail national la gagne.
Non, il ne la gagne pas; car, depuis le décret, il n'est encouragé que comme il l'était avant, dans la mesure de 15 fr.

Seulement, depuis le décret, les 15 fr. de Jacques Bonhomme vont à la métallurgie, tandis qu'avant le décret ils se partageaient entre l'article de mode et la librairie.
La violence qu'exerce par lui-même M. Prohibant à la frontière ou celle qu'il y fait exercer par la loi peuvent être jugées fort différemment, au point de vue moral. Il y a des gens qui pensent que la spoliation perd toute son immoralité pourvu qu'elle soit légale. Quant à moi, je ne saurais imaginer une circonstance plus aggravante. Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que les résultats économiques sont les mêmes.

Tenez la chose comme vous voudrez, mais ayez l'œil sagace et vous verrez qu'il ne sort rien de bon de la spoliation légale et illégale. Nous ne nions pas qu'il n'en sorte pour M. Prohibant ou son industrie, ou si l'on veut pour le travail national, un profit de 5 fr. Mais nous affirmons qu'il en sort aussi deux pertes, l'une pour Jacques Bonhomme qui paye 15 fr. ce qu'il avait pour 10; l'autre pour le travail national qui ne reçoit plus la différence. Choisissez celle de ces deux pertes avec laquelle il vous plaise de compenser le profit que nous avouons. L'autre n'en constituera pas moins une perte sèche.

Moralité: Violenter n'est pas produire, c'est détruire. Oh! si violenter c'était produire, notre France serait plus riche qu'elle n'est.
[...]

F. Bastiat
(http://bastiat.org/)

J'aime pas les gens

Les lecteurs du Figaro en ligne et leurs réactions... Un océan d'absurdité duquel émergent quelques rares îlots de propos réfléchis. Voici par exemple quelques réactions à l'article "le protectionnisme regagne du terrain dans le monde":

- "je suis pour le protectionnisme... çà remettrai les pendules à l'heure.. on fait l'inventaire de nos richesses..le blé, les viandes,le vin,l'eau, l'énergie... et on BUY Français à TVA 5% si il en manque un peu on achète aux payx limitrophes TVA 20% , on a pas et il en faut on achète plus loin avec TVA à "géométrie variable" ... 30 -40- ...etc..Pour moi la tva modulable est la plus juste et la plus souple au niveau "Gouvernance", on peut même supprimer l'IR.. car on ne paye qu'à la conso."

- "Excellente nouvelle! et point final."

- "Souvenez vous. Les "trente glorieuses". Trente années de croissance qui se sont déroulées quand la France possédait ses frontières. Trente années d'emplois créés, de grands travaux et de progrès social.Aujourd'hui, c'est la dérégulation, le marché ouvert au nom du capitalisme le plus esclavagiste et la misère généralisée.Cherchez l'erreur."

- "Le protectionnisme est fait par l'Europe et Etats Unis, c'est Normal... La Grande Puissance (mais dans quelles conditions) du Monde est en fait une poignée de Gens Capitaliste qui font des Produits à bas couts au détriment du sociales (de la Vie). Alors la Chine Grande Puissance, certes aux détriments de leurs Peuples qui n'ont rien... Alors le protectionnisme j'y suis pour et m'en cache pas... Entre le lait pour Bébé frelatté, et leurs conditions de vie digne des cafards (ou fourmis) travaillant comme des forcas pour avoir une Piolle (ou dortoir) en guise d'appartement en vivant à 8 dedans et faire 5 heures de trajets A/R pour travailler et toucher un pourboire en guise de salaire... Certes le protectionnisme me parait incontournable, sans quoi nos enfants et arriere enfants vivront comme eux... N'oubliez pas un Capitaliste est un animal assoiffé... (On peut pas demander à un tigre d'etre végétarien...) peu importe les conditions de vies de leurs "administrés" (travailleurs), pauvres gens qui entrainent malgré eux le monde vers le bas...Trop de Sociale tue le Sociale, mais trop de Capitaliste, tue le Monde..."

J'espère qu'ils le soutiendront avec la même vigueur lorsqu'il seront amenés à payer plus cher l'ensemble des produits qu'ils achètent. D'ailleurs pourquoi l'espère-je? Ce sera le cas: le protectionnisme ne sera pas en tort, les autres pays, oui, et les vilains patrons aussi.

jeudi 2 juillet 2009

Nous y voilà!

On aura droit à un "grand débat sur l'avenir des retraites" mi-2010. Toutes les options seront apparemment discutables: on va voir ce qu'on va voir, nous assure le Premier ministre. Les réformes successives entreprises depuis 15 ans seront évaluées, et on mettra sur la table le recul de l'âge de la retraite.

En somme, une vaste consultation qui va faire flop. Pourquoi? Parce que finalement la seule chose envisagée, c'est le recul de l'âge légal de la retraite. Rien de plus. Le cadre du débat fixé, on verra les membres du gouvernement militer pour le oui, et les syndicats se diviser sur la question de la pénibilité. Point.

Et si, pour une fois, on envisageait une refonte totale de notre système de retraite, au lieu de faire croire qu'on pourrait le sauver? Apparemment, les Français n'ont pas compris, ou ne veulent pas comprendre, que pour sauver un système si médiocre il faudra soit reculer l'âge de la retraite, soit augmenter la durée des pseudo-cotisations, soit réviser à la baisse les pensions, voire les trois à la fois. C'est, si l'on ne sort pas de notre système, la seule façon de continuer à verser des pensions à une génération très importante de personnes âgées vivant plus longteps que jadis. Empruntons là des chiffres à Jacques Marseille: en 1945, on comptait 15 "cotisants" pour 1 retraité. Dans les années 1980, on comptait 4 "cotisants" pour un retraité. En 2006 (c'était hier), on ne comptait plus que 1,5 "cotisant" pour 1 retraité. En 2020 (c'est demain), on devra être très proche de 1 cotisant pour 1 retraité. Le système est ainsi fait, voué quasiment dès sa création au déséquilibre perpétuel et à l'implosion.

Au lieu de sacrifier soit les actifs, soit les retraités, soit même les deux, on pourrait très simplement rendre leur liberté aux individus. Plutôt que de faire semblant de "cotiser" (c'est à dire payer un impôt directement reversé aux retraités bernés par un système inefficace et spoliateur) à l'assurance vieillesse (depuis quand la vieillesse est-elle un risque? Il me semblait que c'était - c'est un drame selon moi, mais je l'admet - plus une certitude), on pourrait épargner. Préparer notre retraite comme on l'entend, constituer petit à petit un capital transmissible. Et en finir avec un régime spoliateur institué en 1941 puis consolidé à la Libération. Sans parler des impôts que je pourrais éviter de payer dans le futur.
Si jamais cette idée parviens jusqu'aux oreilles de la majorité parlementaire et est concrétisée, j'arrête de fumer!

samedi 27 juin 2009

Vert

Deux titres: "Obama monte en ligne contre le réchauffement climatique" et "Obama lance sa révolution verte", tirés du Figaro et du Monde. la Chambre des Représentants a adopté à une courte majorité l'American Clean Energy and Security Act, un projet de loi tentant de limiter les émissions (humaines) de gaz à effet de serre. Finalement, plus que la réglementation prévue dans les 1 200 pages du projet, ce sont les motivations qui m'irritent. Le président a récemment déclaré devant la presse que "le pays qui prendra les devants dans la création d'une économie de l'énergie propre dirigera l'économie du XXIe siècle". Est-ce cela le but? Diriger l'économie mondiale? Dominer un nouveau secteur économique pour au fond détenir le leadership de l'économie mondiale? N'est-ce qu'une question de domination? Ce n'est pas mon point de vue.
L'idée d'un marché de droits à polluer ne me choque pas tellement, mais je la trouve insuffisante. Parce qu'en elle-même, elle peut se révéler être une coquille vide (si vous instaurez des plafonds supérieurs au volume d'émission des secteurs concernés, le prix de la tonne de carbone baisse, et le fantastique mécanisme ne sert plus à rien, privé de son effet incitatif, du fait généralement des Etats). Parce qu'elle ne prend en compte qu'une partie des polluants (saviez-vous que le CO2 n'est PAS le plus important gaz à effet de serre? Le méthane, provenant de l'élevage des ruminants, de la culture du riz, des exploitations pétrolières et des décharges d'ordures, a un pouvoir de réchauffement 21 fois plus important; le protoxyde d'azote, issus des engrais azotés notamment, a un pouvoir de réchauffement 310 fois plus important que le CO2; les gaz fluorés, présents dans les climatiseurs et dans la fabrication des composants d'ordinateurs, on un pouvoir de réchauffement égal à 16 000 fois celui du CO2. En somme, 1 kg de ces gaz fluorés équivaut à 16 000 kg de CO2...). Et enfin parce que toute seule elle ne rime à rien.

Pourquoi ne pas pratiquer la politique du "juste prix" pour compléter un tel marché? Prenons le cas de l'électricité. Plutôt que de subventionner les énergies renouvelables, on pourrait très simplement rétablir l'ordre sur le marché: en obligeant les opérateurs de centrales électriques à internaliser des coûts pesant actuellement sur l'ensemble des contribuables, en interdisant à l'Etat d'assumer les risques en lieu et place de l'entreprise concernée (qui serait responsabilisée), en arrêtant de subventionner des ressources non-rentables (le charbon allemand est ainsi subventionné à hauteur de 21 milliards de $), en taxant les sources qui ont longtemps bénéficié de subventions et de redevances car l'opérateur était en situation de monopole,...

Les politiques étatiques sont parfois contradictoires. Ainsi, en France, on se propose de remédier à la crise écologique, tout en créant une prime à la cuve. On décide de relancer le ferroutage, mais on facture la route de façon forfaitaire. On émet l'idée d'augmenter le trafic ferroviaire de passagers, mais on reporte depuis 20 ans la libéralisation du marché et la privatisation de la SNCF. On veut faire baisser la pollution automobile et en finir avec l'addiction au pétrole, mais on développe via des subventions des agrocarburants dont le coût est bien pire. On veut éviter les marées noires, mais on met en place une garantie d'Etat. On se plaint de l'agriculture productiviste et des sols lessivés par les produits phytosanitaires, mais on oublie que c'est en grande partie de résultat d'une politique publique. On veut faire cesser les gaspillages de ressources et l'extension urbaine, mais on veut aussi faire du "développement rural". C'est incohérent. Pour changer, on pourrait instaurer un nouveau régime: la liberté. Et son corollaire nécessaire, la responsabilité. Je suis libre d'avoir une chaudière au fioul, mais j'en paie le prix. Je suis libre d'habiter dans un endroit reculé, mais je paie le surcoût lié à la construction de routes supplémentaires, de conduites d'eau, de poteaux électriques. Je suis libre d'arroser mon champ de maïs à midi en plein juillet, mais je ne me plains pas si je paie une facture salée et si le consommateur me dit "c'est trop cher". J'ai le droit de déverser des tonnes de produits chimiques dans l'eau, mais j'assume les frais de traitement. Enfin, j'ai le droit d'habiter une banlieue pavillonnaire, si je paie mes trajets automobiles sans demander à mon employeur de les payer, et si j'ai une alternative à la SNCF.. Toucher au portefeuille c'est juste, c'est efficace; faire des propositions vides, priver de liberté et instituer des comités théodules pour se faire réélire, ça craint. (Donc Borloo et Les Verts ça craint? Pardon, je suis irrévérencieux)

vendredi 26 juin 2009

Et hop!

Juste un petit message pour indiquer que je passe en licence 3. Ric rac, certes, mais je passe!! Direction Rouen maintenant! Avec un programme: plus d'argent, moins de flemme, et peut-être dans la mesure du possible moins de tabac.
Enjoy =D

Un article juste, fun et parfaitement représentatif de ce que j'en pense

(mais en mieux dit ^^)

"DU VENT DANS LE VOILE

Burqa, niqab, voile intégral… quel que soit le nom qu’on lui donne, sa forme réelle ou son origine.

Que cet objet soit le symbole de l’asservissement de la femme, certes !
Que ce soit de la provocation de la part de certains musulmans fanatisés, certes !
Que les fanatiques en question n’aient pas encore atteint un degré de civilisation suffisant pour se différencier des animaux, puisque pour eux, l’homme ne peut s’empêcher de céder à ses pulsions lorsqu’il aperçoit un cheveu de femme, c’est possible et c’est navrant, certes !
Que des femmes soient assez stupides pour, non seulement accepter, mais porter volontairement ces fripes sinistres, avec toute la signification qu’elles ont, c’est encore plus navrant, certes !

Mais de quel droit le leur interdirions-nous ? Pouvons-nous sérieusement obliger des gens qui ont choisi délibérément l’esclavage à défendre leur liberté contre leur gré ?

On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux ; on disait autrefois qu’il « ne faut pas être plus royaliste que le roi ».

Le devoir de notre démocratie est d’aider ceux qui demandent à s’affranchir d’un joug imposé, pas ceux qui préfèrent la servitude.

Nous avons obligation de garantir la même justice pour tous et toutes, et d’offrir à nos concitoyens la sécurité. Pas n’importe quelle sécurité contre n’importe quel accident possible de la vie, réel ou fantasmé, car cela ne dépend pas de l’état mais résulte de la précaution individuelle. Mais celle qui découle du devoir régalien de l’état : empêcher que des individus, parce qu’ils sont fous, malhonnêtes ou juste malfaisants, ne nuisent aux autres. Le vol, le crime, le viol, le chantage, la terreur, l’asservissement sont interdits par la loi et la loi doit être respectée.

Des ombres drapées de noir pénètrent dans nos magasins, nos centres commerciaux, nos écoles, nos services publics, nos transports collectifs. Il est impossible de voir leur visage ni ce qui se cache sous ces oripeaux. Au nom de la lutte contre le terrorisme, il est du devoir de la police, des vigiles éventuels, de leur demander de se dévoiler ou bien de ne pas pénétrer dans les lieux concernés. Dans la rue même, il est normal de leur faire subir un contrôle d’identité. Qu’est-ce qui nous prouve qu’un personnage recherché ne se cache pas sous ce déguisement opaque ?
Pourquoi les maris imposent-ils cela à leur épouse ? D’ailleurs respectent-ils la loi et n’en ont-ils qu’une ? Il convient de le vérifier. Il convient de s’assurer qu’ils ne préparent pas un mauvais coup dans lequel ils instrumentaliseraient leur femme… par exemple en lui faisant commettre un attentat, donc il est de notre devoir de les mettre sous surveillance étroite.
Et surtout, il est totalement exclus de céder à une quelconque revendication de ces dames, comme d’être soignées aux urgences par une femme, par exemple. Si elles veulent vivre en France elles se plieront aux règles de la société française et leur mari aussi, un point c’est tout.

En revanche faire une énième loi serait d’autant plus stupide que le port de la niqab dérive directement de la précédente loi sur le voile, mal ficelée et inapplicable et que les fanatiques du nazislamisme n’ont pas hésité à retourner contre nous en réclamant toujours plus de contreparties, comme les horaires aménagés de piscine, ou la suppression des arbres de Noël dans les écoles. Avec la complicité de la GestapHalde. C’est tout le problème des lois de circonstances, qui, pour arranger les uns au détriment des autres et vice versa, ne sont que des bricolages imparfaits qu’il faut passer son temps à corriger, pour aboutir à l’enchevêtrement inextricable et parfois contradictoire qui est une caractéristique du droit français contemporain.

En conclusion, que la police fasse son travail, que la justice suive, que la Halde disparaisse, que l’on cesse d’écouter toutes les revendications des ennemis de la démocratie, et qu’on arrête de légiférer sur tout et n’importe quoi, d’autant qu’il suffit d’appliquer les lois universelles qui existent déjà."

Trouvé et copié puis recollé à l'identique avec l'autorisation de l'auteur (que je remercie encore) sur: Le blog de Christiane Chavane (là, c'est le moment où mon pouvoir télépathique agit et vous dit: cliiiiiiiiiiiiiique, cliiiiiiiiiiiiiiique cliiiiiiique)

mercredi 24 juin 2009

Versailles: du déni chauvin

Le ridicule ne tue pas. L'adage est encore plus vrai quand personne n'en a conscience. Dans son premier discours devant le Congrès réuni à Versailles, avant-hier, le président de la République a allègrement mêlé constats lucides, déclarations liberticides et chauvinisme forcené. Il a sacrifié la pertinence de son propos sur l'autel du consensualisme. Tout semble bon pour faire passer en douceur le remaniement ministériel et faire taire, ne serait-ce qu'une quarantaine de minutes, l'auditoire parlementaire (il aurait pu s'abstenir: la majorité est silencieuse depuis les ratés de la loi HADOPI, et l'opposition quasiment inaudible depuis 2002).

On apprend que le modèle français serait revenu au premier plan. Notre pacte social, forgé par les propositions du Conseil National de la Résistance (le président ne manque pas de nous le rappeler), serait de nouveau à la mode: notre subtile façon d'entraver la liberté économique au profit d'une redistribution injuste et inefficace va, le président paraît l'assurer, inspirer le monde de demain. Le prochain modèle de croissance aura, de la bouche même de l'hôte de l'Elysée, des ressorts semblables à celui des Trente Glorieuses, époque bénie de l'interventionnisme public débridé où l'on pouvait s'affranchir, ou tenter de le faire, des lois rationnelles du marché en établissant des monopoles, au profit de l'Etat ou de cercles proches du pouvoir. Où l'on pouvait réellement agir, sur un marché national moins ancré dans l'économie mondiale, et sur un marché commun moins abouti. Où l'on pouvait, enfin, augmenter artificiellement le pouvoir d'achat en entretenant l'illusion que le monde économique n'en souffrirait pas. Entre autres malheurs... Pas de doute, c'est la fin de la récréation libérale: il nous faut retrouver un chemin pas tellement abandonné, qu'un esprit éclairé qualifia un jour de "route de la servitude".

Mais ce n'est pas tout. D'une part, le nouveau modèle intégrera des préoccupations écologiques. D'autre part, aussi bon soit-il, notre modèle à nous est largement perfectible. Non pas qu'il soit mal conçu et voué à l'implosion (il est bon et inspiré, vous dit-on). Seulement, d'obscures forces d'inerties (nommées "Parlement" et "gouvernements successifs") l'ont figé, et par là même dévoyé. L'égalité a ainsi été confondue avec l'égalitarisme (n'était-ce pas la vocation initiale de ce modèle? Assurément pas: chacun sait que le Conseil National de la Résistance ne saurait être taxé de socialisme), la liberté souffre du port de la burqa et des carences de l'Etat dans sa politique pénitentiaire (mais curieusement pas des mesures de rétention de sûreté, ni du monopole des organismes de Sécurité sociale), l'espérance de vie joue des tours à la retraite par répartition (laquelle ne saurait être réformée), les finances publiques sont perpétuellement dégradées (raison de plus pour éviter la rigueur et réfléchir à un nouvel emprunt national; tout, plutôt que de devoir abandonner un modèle dont on vient de rappeler la suprématie), l'ascenseur social est en panne (sans doute faudrait-il, pour le réparer, permettre aux poids de redescendre, mais le modèle français consiste partiellement en leur maintient. Lorsque l'on tombe sur une contradiction, la chose la plus intelligente à faire est de réviser ses prémisses).

Pour réparer le vieux modèle d'un vieux pays (enfin! il était le seul président à ne pas l'avoir mentionné), tout un tas de mesures sont prévues: l'emprunt, bien entendu, mais aussi la constructions de nouvelles prisons, la taxe carbone (qui va apparemment permettre de supprimer la taxe professionnelle), la protection des licenciés économiques (possibilité de garder son salaire durant un an et de suivre une formation sur la même période), la réforme des retraites, le refus de la burqa, la constitution d'internats d'excellence accueillant les enfants de milieux modestes,... Mais de la refonte totale de notre modèle, pas un mot.
Au final, un discours décevant et incohérent (comment peut-on défendre une modèle dépassé tout en proposant de le réformer pour qu'il subsiste? Comment peut-on vanter les mérites d'un pacte social alors qu'on le dénigre par ailleurs?). Comme première, je suis convaincu que l'on aurait pu faire mieux: plus libéral, plus cohérent, moins illusoire, et moins "national". Cela nous promet de belles choses pour la suite du mandat. Et dire que certains vont jusqu'à le taxer d'ultralibéral...

mardi 9 juin 2009

Oui

Je suis favorable à l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Ou, plus précisément, je n'y vois pas le moindre inconvénient autre que conjoncturel (certains problèmes diplomatiques et historiques, mais cela peut se résoudre très facilement).

- la Turquie n'est pas un pays européen, car seuls 3% de son territoire se trouvent sur le continent européen. Dans ce cas, que dire du Danemark? Peut-on raisonnablement dire que les 2,16 millions de km2 du Groenland se trouvent en Europe? Que dire de Chypre? Si 3% du territoire turc se trouvent en Europe, l'ensemble du territoire chypriote se trouve hors d'Europe... Enfin, que dire de nos propres DOM-TOM? Après tout, ils ne se situent pas non plus en Europe. Finalement, on peut voir que le critère géographique n'est pas si rigide que cela, et ce qui s'applique aux pays déjà membres pourrait très bien s'appliquer à la Turquie.

- la Turquie n'est pas un pays européen, son histoire n'ayant presque rien de commun avec la nôtre. Faux. La Turquie est presque depuis toujours présente au sein de l'histoire européenne, depuis l'avènement de l'Empire ottoman. On peut même dire qu'elle est présente depuis "avant" l'Europe, puisqu'elle se situe dans la lignée historique de l'Empire romain d'Orient. La plupart des sultans ottomans étaient originaires d'Europe, et les liens entre les cours européennes et la Sublime Porte sont suffisamment connus pour ne pas être pris en compte.

- la Turquie n'est pas un pays européen, les Turcs ont d'ailleurs asservi une partie de l'Europe durant des siècles. L'argument de mauvaise foi. Premièrement, ce n'est pas parce que vos ancêtres ont dominé une aire géographique précise que vous devez être rejetés. Deuxièmement, l'utilisation de cet argument par les ressortissants de pays qui ont eux aussi dominés militairement d'autres pays à des époques données est invraisemblable: on reprocherait l'occupation des Balkans par les ottomans, alors que nous Français, avons tenu à intégrer des régions européennes entières au sein de l'Empire Français? Que diraient les Italiens si demain on leur jetait à la figure des siècles d'occupation romaine? Les Allemands s'ils étaient exclus pour occupation et asservissement de l'Europe? La domination militaire et politique des Balkans jusqu'au XIXe siècle ne peut servir raisonnablement d'argument, pour la simple raison que tous les peuples d'Europe ou presque se sont un jour adonnés à ce type de politique.

- la Turquie n'est pas un pays européen, les Turcs sont culturellement parlant incompatibles avec les Européens. Pourquoi donc? Au XVe siècle déjà, le droit byzantin (et donc romain) exerçait une influence non-négligeable au sein de l'Empire. A partir du XIXe siècle, l'Empire ottoman s'est fortement inspiré de l'Europe occidentale: réformes des années 1830, promulgation de la première constitution du monde musulman en 1876, révolution des Jeunes Turcs, réformes kémalistes... Presque à bout d'arguments, certains décrètent que l'absence d'une démocratie laïque telle qu'envisagée en Europe suffirait à rendre la Turquie culturellement incompatible avec l'Europe. C'est oublier que l'Etat turc est fortement séculier et laïc, et que les droits des minorités religieuses y sont de plus en plus importants. C'est oublier aussi que les pays européens ne sont pas exempts de critiques (l'Italie et l'Irlande sont des pays traditionnellement très catholiques, le souverain britannique est aussi le chef de l'Eglise anglicane, l'un des principaux partis allemands est chrétien-démocrate...). De même, si le renouveau du mouvement religieux inquiète, il est à tempérer: le parti AKP au pouvoir, souvent qualifié de conservateur et proche de l'islam, est aussi le parti qui a fait le plus de réformes pour rendre la Turquie "euro-compatible". Enfin, certains utilisent des cas particuliers et en font des généralités. A les entendre, tous les Turcs commettraient des crimes d'honneur et seraient en partance pour le Jihad. Ils semblent qu'ils ne se rappellent plus ce qu'était l'Europe il y a seulement 50 ans: une terre conservatrice et profondément religieuse (rien qu'en France, la loi IVG ne date que de 1975, et certaines associations fustigent toujours des "meurtres" de nourrissons en se fondant sur... un livre saint). Finalement, l'argument culturel peut se retourner contre ses utilisateurs les plus zélés.

- la Turquie n'est pas un pays européen, car elle ne respecte pas les droits de l'homme. Situation purement conjoncturelle: ce n'est pas parce qu'elle ne le fait pas aujourd'hui qu'elle persistera demain. De plus, si la Turquie figure au premier rang des condamnations de la Cour européenne des droits de l'homme, la France n'est pas très loin, ni l'Italie d'ailleurs...

- la Turquie est trop peuplée pour rentrer dans l'UE. En effet, la Turquie serait amenée en cas d'adhésion à devenir une des premières nations européennes, avec un gros contigent de députés à Strasbourg. Mais en quoi le fait qu'un pays soit peuplé pourrait déboucher sur un rejet de candidature? Y a-t-il des seuils? des seuils suffisamment objectifs pour ne pas viser que la Turquie, bien entendu...

- la Turquie ne reconnaît pas le génocide arménien, ni la souveraineté de Chypre. Certes. Mais c'est conjoncturel là encore. Un problème de nationalisme chauvin, comme en connaissent beaucoup de pays européens. Souvenez vous des "évènements" en Algérie, de la France uniquement résistante (chappe de plomb sur la collaboration), des tensions entre Londres et Dublin,... les Turcs occupent Chypre. Oui. Les Français et les Britanniques ont asservi une grande partie de l'humanité. Ce n'est plus le cas. Déduction logique? La situation peut évoluer, même quand on parle de la Turquie. Au pire cela repousse l'adhésion.

- la Turquie connaît des actes de terrorisme, opprime les Kurdes et se trouve dans une aire géographique dangereuse. Re-argument conjoncturel teinté de mauvaise foi. Parce que premièrement cela peut changer. Et parce que deuxièmement d'autres pays européens se sont trouvés dans la même situation. A classer dans: c'est conjoncturel, non de ****!

- l'adhésion de la Turquie fragiliserait l'économie européenne. Croyez-moi, l'économie européenne craint bien plus les déficits à répétition de ses grandes nations que l'adhésion de la Turquie. L'économie turque est bien plus stable que par le passé, ses partenaires sont presque majoritairement des nations européennes, l'inflation n'est plus si terrible... De plus, la Turquie est un passage privilégié relativement à l'approvisionnement énergétique.

samedi 6 juin 2009

Des propositions déprimantes

C'est ce qui ressort de mon analyse des programmes des listes sollicitant mon vote pour les élections européennes. c'était déjà pas gagné, avec 7 listes sur 12 infréquentables, mais je n'imaginais pas être finalement tenté de voter blanc...
Lutte Ouvrière veut mettre fin à l'Europe des bourgeois et augmenter de façon générale les salaires, les retraites et les allocations diverses, en les indexant sur la hausse des prix. Bref, un appel contre l'Europe dominée par les financiers...
Le Front de Gauche entend établir un SMIC européen égal à 60% du salaire moyen dans chaque pays, remettre en cause les libéralisations des services publics, la soumission de la BCE au "contrôle des peuples", l'arrêt de la ratification du Traité de Lisbonne, critique Nicolas Sarkozy (pour des enjeux européens...), rejette l'Europe libérale (pauvres fous)...
Le NPA proclame tout de suite que le capitalisme est en faillite (comment pourrait-il l'être?), propose d'en finir avec le pouvoir et la propriété d'une minorité sur les moyens de production pour décider de ce qu'il faut produire, où et comment (ahhh les joies du planisme socialiste), exige une Europe défenderesse des droits de tous les peuples oprimés et notamme,t ceux des Palestiniens (les autres ne sont bien entendu pas mentionnés, cela ne fait pas voter), le démantèlement de l'OTAN (tous les pays de l'UE sont membres?), veut favoriser une agriculture paysanne et une pêche artisanale,... Sans parler de services européens pour l'énergie, les transports et l'eau...
Le Front National, cohérent avec lui-même, exige avec la même vigueur l'inversion des flux migratoires, l'Europe sans la Turquie, la défense des libertés du monde rural, le respect des traditions nationales/identités nationales/valeurs morales et spirituelles, le rétablissement de frontières économique ou encore le rétablissement de la primauté du droit national sur le droit communautaire (pur conservatisme).
Le "Parti de la France" de Carl lang, une "liste de résistance nationale", fustige une immigration massive et programmée, l'élimination de nos paysans, la mort programmée des services publics, la fin du mode de vie à la française, la chèreté de l'Europe... Alternative: un partenariat privilégié avec la Russie, la protection des entreprises françaises de la concurrence, le partiotisme social. Produire Français, en France, avec des Français. Amis du chauvinisme français, levez vous et trinquez!
Libertas, ou "Villiers-Nihous vous veulent du bien", préconise l'Europe sans la Turquie (c'est vraiment un point central du scrutin, à ce qu'il paraît), l'instauration de droits compensatoires européens pour "rééquilibrer les prix" des produits fabriqués dans des pays à bas salaires (quand le pouvoir décide des prix, prenez garde pour votre pouvoir d'achat), et là encore le refus du Traité de Lisbonne.
Debout la République, le vestige du gaullisme sans De Gaulle, désirent un protectionnisme européen (eux aussi), le refus de l'entrée de la Turquie au sein de l'UE, la suppression de la Commission européenne pour la remplacer par des agences de coopération par thème, et la libre organisation des services publics dans chaque pays ("libre d'encadrer les tarifs, libre de garantir l'égalité entre les territoires" sic).
Europe Ecologie (l'une des meilleure affiches au demeurant) désire un moratoire sur les libéralisations, un emprunt européen pour la construction de logements, une loi européenne sur les services publics. Et intègre un crétin: José Bové, cofondateur de la Confédération paysanne.

Il ne nous reste donc que le PS (pour trouver les propositions, il faut chercher... la défense et le développement des services publics, une nouvelle PAC, un Plan de relance européen, un salaire minimum représentant 60% du salaire moyen dans chaque Etat... "Seuls les socialistes portent un projet européen à la hauteur des enjeux de la crise d'aujourd'hui et des défis du XXIe siècle"), le MoDem (qui refuse notamment l'entrée dans la Turquie dans l'UE et veut préserver notre cohésion sociale en défendant les services publics, tout en se référrant à un projet de société), l'UMP (qui refuse l'entrée de la Turquie dans l'UE, désire lutter contre l'immigration clandestine et entend établir une politique industrielle européenne) et... Alliance Ecologiste Inbdépendante (il est vrai quelque peu... efin elle plane quoi).