mercredi 27 mai 2009

Separate is NOT Equal

La Cour suprême de Californie a maintenu hier le résultat d'un référendum interdisant les mariages homosexuels (les défenseurs de tels mariages contestaient en effet une modification jugée illégale de la Constitution de l'Etat), tout en déclarant les unions conclues auparavant légales. En mai 2008, cette même Cour avait annulé un article du code civil local jugé discriminatoire, ouvrant la voie aux unions entre personnes du même sexe. Suscitant ce faisant une vive réaction chez les conservateurs. Ces derniers avaient alors réussi à convoquer un référendum pour inscrire l'interdiction de telles unions... jusque dans la Constitution de l'Etat. Le 4 novembre 2008, le tour était joué: un peu plus de 50% des électeurs s'était prononcés en faveur de la "proposition 8", et par conséquent en défaveur de l'union de personnes du même sexe. Voilà pour les faits.

Je n'entend pas ici contester le jugement de la Cour, mais bel et bien le référendum. D'une part, cela démontre le caractère relatif de la démocratie (vous ai-je déjà parlé de mon aversion pour les expressions "valeurs démocratiques" et "valeurs républicaines"?): ce n'est pas parce que telle communauté a décidé que la décision de la majorité serait la décision appliquée que cette décision est nécessairement juste, bonne et intelligente. En voici un exemple flagrant (d'habitude, je m'applique à évoquer une hypothèse selon laquelle si 50% de l'électorat plus une voix décide que massacrer des Juifs c'est fun et impératif, le devoir du démocrate absolu est de respecter cette volonté...). D'autre part, cela illustre le fait que l'outil du référendum, loin d'être cet instrument permettant de faire entendre au bon peuple sa voix et d'imposer de bonnes décisions à l'élite au pouvoir (car en effet les défenseurs de cet outil miraculeux invoquent sans cesse le respect de la volonté du "peuple"), est surtout un excellent moyen de prendre les pires décisions: confier à un peuple pas souvent des plus éclairés le soin de prendre la bonne décision peu se révéler contre productif. Exemples parmi d'autres: la Constitution européenne (2005), le mariage des autres (2008 en Californie), le Traité de Lisbonne (là c'est en Irlande)...
Ce rejet par référendum est des plus choquant. Au nom de quoi devrions nous interdire le mariage à des personnes sous prétexte qu'ils sont du même sexe? La famille? Mais ces personnes peuvent tout à fait considérer qu'elles forment une famille... La famille "enfants compris"? Mais le mariage n'est plus nécessairement la base de la famille. Deux illustrations simples: des enfants naissent de parents non-mariés, et des couples mariés n'ont pas d'enfants. De plus, la tendance est largement à la séparation entre le couple parental (père+mère, qu'ils soient mariés ou non, séparés ou non) et le couple conjugal (ainsi, le mari de votre mère n'est pas OBLIGATOIREMENT votre père... si vos parents sont séparés, il y a même moins de chances que cela soit le cas). Alors quoi d'autre? La nature? C'est oublier que le mariage est un lien de droit, et par conséquent, un lien artificiel et humain. Il n'est déjà pas naturel, ses conséquences encore moins, alors qu'il soit étendu aux couples de même sexe, la belle affaire... La religion? Aucun rapport, le mariage est un contrat civil un tout petit peu plus complexe que les autres contrats.

Non, vraiment, je ne vois pas la justification de ce référendum inique instituant une disposition discriminatoire et une inégalité en droit flagrante. Je conspue ce référendum, tout comme les tristes mentalités qui s'y sont montrées favorables.

samedi 23 mai 2009

Les révisions

Je déteste réviser. Je déteste passer des journées entières à lire, relire et re-relire des cours, j'ai l'impression que je le sais déjà. Quand je referme la pochette des dits cours, surprise: je ne m'en rappelle plus une ligne (si: les titres...). Mais bon, c'est nécessaires, les examens se déroulant dans un peu plus d'une semaine, entre les 2 et 5 juin.
- Droit comparé (oral... ~~'), mardi 2 juin, 10h30-13h00 et 14h30-17h00.

- Finances publiques (oral), mardi 2 juin, 8h30-12h30 et 13h30-16h30.

- Droit administratif, mercredi 3 juin, 12h30-15h30.

- Droit des obligations, jeudi 4 juin, 9h30-12h30.

- Droit des biens, vendredi 5 juin, 8h30-10h30.

- Droit social, vendredi 5 juin, 13h30-15h30.

Pour m'aider dans mes révisions, trois alliés de choc: le café, le thé et le tabac. Le café dès le matin, le thé tout au long de la journée et surtout en fin d'après midi, le tabac à raison d'un paquet par jour. Trois addictions pour surmonter cette période de révision. YEAH!

"Alfonse" le caféier

Un cadeau amusant d'une amie qui désirait recycler un cadeau acheté pour un autre... Un sympathique plant de caféier. Un caféier, selon les données recueillies, est originaire d'Afrique orientale. Il aime donc la chaleur, et, s'il peut supporter des froids passagers durant quelques heures, il convient de conserver une température supérieure à 18°C. Il apprécie le contact des terrains acides ou neutres, mais a une sainte horreur des terrains calcaires ou trop argileux. Le caféier est une petite nature: il souffre du plein soleil, du vent et des variations brusques de températures. Cerise sur le gâteau, l'eau dont il s'abreuve doit être pauvre en calcium. Pour information, je vis en Normandie...

samedi 9 mai 2009

OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!!

Après maintes tentatives, j'ai enfin réussis à gagner à Climcity!!! Le but du jeu? En 50 tours, parvenir à réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008 (passer de 864 456 points à au moins 217 000 points), à réduire la consommation d'énergie de 40% par rapport à 2008 (passer de 331 907 points à au moins 200 000 points), porter la part des énergies renouvelables à 60% (on démarre à 3%), et enfin cumuler au moins 20 points d'adaptation. Il faut ainsi se compliquer la vie à isoler les bâtiments, développer des énergies et recherches coûteuses, prévoir les évènements fâcheux tels que les sécheresses et nouvelles maladies, réduire la consommation de carburant... Ce jeu est dur. Mais à la 12e tentative, j'ai vaincu le réchauffement climatique (virtuellement, bien sûr). La preuve:

dimanche 3 mai 2009

Pforzheim, c'est fun

Génial, simplement génial. J'ai passé quelques jours à Pforzheim (Allemagne) pour les 20 ans d'une amie... Et c'était le paradis. Passons certains détails de ma vie privée, et concentrons nous sur le reste. Lors de mon arrivée à la gare de Karlsruhe, j'achète des billets à une borne automatique pour Pforzheim. Et là, surprise: le papier des billets de la Deutsche Bahn est certifié issu de forêts bénéficiant d'une gestion soutenable, et un grand parc à vélo jouxte la gare. Alors que je me trouve face à un chocolat en terrasse en face de ladite gare, un tramway passe devant moi. Je suis déjà aux anges... Mais cela ne fait que commencer.
Dans la gare, 20 minutes avant le départ du train, re agréable surprise (ok, ce n'étais pas réellement une surprise, je le savais...) en achetant la cartouche de Malbarré: mon portefeuille apprécie de payer 40€ au lieu de 53€ (je le reconnais, les paquets de Malbarré allemands ne comprennent que 17 cancerrettes... mais bon, vu le prix ça passe facilement!). Peu après, alors qu'en bon français je recherche une borne pour composter mon billet, on m'apprend que les billets ne se compostent pas ici: le contrôleur ne fait que vérifier.
Alors que le train roule à vive allure direction Stuttgart (il prendra le soin de s'arrêter à Pforzheim), mon regard se perd dans le paysage. Beaucoup de forêt, et, dans les agglomérations traversées, des maisons spacieuses... munies de panneaux solaires photovoltaïques. Arrivée à Pforzheim, je retrouve les habituels distributeurs de cancerrettes (elles sont maintenant munies de "détecteurs d'âge"... qui ne contrôlent que les cartes de crédit allemandes et les cartes d'identité allemandes. Tant pis), une multitude de restaurants rapides/cafétérias/..., les téléphones roses de la Deutsche Telecom, les piétons qui attendent scrupuleusement que le bonhomme soit vert pour traverser, le droit de fumer dans certains tabacs, de l'anglais parlé à la perfection, des grosses voitures assez chères, des petits prix dans des Lidl omniprésents, architecture d'après guerre. Joie!
A Pforzheim même, je remarque aussi le grand nombre de poubelles. Explication: une politique de tri des déchets particulièrement volontariste, avec 5 poubelles différentes dont 3 pour le verre (verre transparent, verre brun, autre verre). Dans le bus, je n'achète pas de billet, et de toute façon il est gratuit pour les étudiants (qui sont assez nombreux, avec une école de commerce, une école de design et une école technique), qui bénéficient en outre de très nombreuses facilités et d'offres avantageuses.
Et dans l'appartement de l'amie en question (partagé avec deux autres locataires fort charmantes au demeurant), des compteurs dans chaque pièce où de l'eau est susceptible d'être tirée.
Pas de doute. J'adore l'Allemagne!

dimanche 12 avril 2009

J'adore Pâques


... j'aime le chocolat...

samedi 4 avril 2009

Appalachian Mountaintop Removal

Qu'est-ce qui se cache donc derrière ce nom anglo-saxon? Une pratique des plus douteuses environnementalement parlant destinée à faire baisser les coûts d'extraction du charbon pour offrir au marché ce qu'il désire (un marché que l'on croyait révolu, mais non). Des entreprises telles que Massey préfèrent en effet délaisser l'extraction souterraine pour se servir directement à la surface. On déboise, on dynamite le site pour faire apparaître les veines de minerais, on se sert, puis on se débarrasse des gravats et de la terre dans les vallées. Un véritable carnage environnemental.

Des montagnes parmi les plus anciennes du monde sont sauvagement applanies, tandis que les écosystèmes des vallées sont presque réduits à néant. Une étude indique que 1 165 kmde cours d'eau de la région des Appalaches ont été enterrés sous les gravats entre 1985 et 2001. Cela ne présage rien de bon pour les années à venir. Si vous disposez de Google Earth, vous pourrez constater sans effort (il suffit simplement de cocher la case "Extraction minière à ciel ouvert dans les Appalaches", in "Sensibilisation mondiale") la catastrophe en marche. Concernant les habitants, on peut mettre à l'actif du MTR des cas d'asthme et de diarrhées, des intimidations de propriétaires récalcitrants qui refusent de se faire acheter leurs propriétés, la désertification des centres urbains isolés et les ravages de la mono-industrie (vous iriez installer un complexe touristique "vert" de montagne en face de pics applanis, vous?). Pire: cela se fait avec l'appui des pouvoirs publics: alors que Massey, pour ne citer qu'elle, est accusée de bafouer les droits des mineurs, les règlements environnementaux et d'acheter les juges, les autorités l'encouragent implicitement. Le dieu charbon créé de l'emploi, paie ses taxes, et fournit des terrains plats: sur d'anciennes mines ont déjà été implantés un golf et une prison. Mais à quel prix? Toute surface plane artificiellement créée par le MTR déverse quantité de déchets dans les vallées, interdit toute sorte de tourisme écologique ou de tourisme tout court, et donne à la région une très sale réputation.

Si, comme moi, cette situation vous choque VRAIMENT, c'est ICI que l'on se retrouve.

La croisade contre l'énergie fantôme


L'idée est présente un peu partout aujourd'hui: il faut réduire notre consommation d'énergie, et principalement d'énergie électrique. La principale voie pour y parvenir, c'est d'opter pour des appareils moins énergivores, et donc de fabriquer ces appareils. De ce côté-ci, les choses semblent s'améliorer. Reste cependant un problème important: l'énergie fantôme. Et cela concerne principalement (mais pas uniquement) les individus. Car c'est une chose de vouloir alléger sa conscience en éteignant toutes ses lumières une heure d'un jour déterminé, mais c'en est une autre de traquer ce monstre, qui représenterait près de 10% de la consommation énergétique des foyers dans l'Union Européenne (et près de 26% en Californie).

Qu'entend-t-on par "énergie fantôme"? Cette énergie bien réelle et bien prise en compte sur la facture EDF ou Poweo, mais qui n'a pas la moindre utilité pour les être humains, sinon l'économie de la fatigue. Je veux parler de l'énergie utilisée pour faire "fonctionner" les modes "veille" et "stand-by" de nos appareils électriques. L'énergie gaspillée est minime pour chaque appareil, mais quand on les additionne, on obtient un résultat annuel qui lui n'est pas si minime que cela. Et quand on sait que selon l'AIE chaque foyer des pays développés laisse en moyenne 20 appareils en veille en permanence, on mesure l'ampleur de ces petits "riens" (qui coûtent tout de même aux européens 7 milliards d'€ annuels! Cher, pour une économie de fatigue).

Les coupables, on les connaît: les téléviseurs et PC/Mac, sèche-linge, lave-vaisselle, Xbox/PSX/Wii, chaînes stéréo, décodeurs TV... Ces appareils pour lesquels la solution ne coûte rien, sinon un peu de sport supplémentaire: la MARCHE ARRÊT. Il existe aussi d'autres coupables, les vraiment vilains, dépourvus de tout bouton off: climatiseurs, micro-ondes, téléphones mobiles, chargeurs encastrés non-stop dans la prise. Solution? DEBRANCHER. Enfin, parlons des super-vraiment vilains, ceux sur lesquels nous autres pauvres individus n'avons que peu de prise: les appareils de bureaux (ordinateurs, photocopieurs, fax, téléphones, imprimantes) qui restent en veille les nuits et les week-ends. Pour ces derniers, ce sont les politiques des entreprises qui sont à revoir.

Autre solution: les campagnes de sensibilisation n'ayant que peu réussis à changer la donne, la Commission européenne a, en décembre 2008, adopté une nouvelle norme, obligeant dès 2010 les constructeurs de biens à destination du marché européen à produire des appareils ménagers et électroniques à ne pas dépasser en mode veille 1 ou 2 watts, puis moitié moins en 2013. Objectif de la Commission: -73% d'énergie fantôme à l'horizon 2020, et donc une économie annuelle de 5 milliards d'€ sur la facture énergétique des Européens. Un petit pas vers un monde meilleur?

P.S.: JE SAIS, la photo est sombre. Si cela vous êtes réellement myope, il s'agit d'un magnétoscope/lecteur DVD et d'un décodeur satellite mis en veille.

dimanche 15 mars 2009

le groupe PSE


(logo du PSE en tant que groupe puis en tant que parti européen, plus bas)

Ce groupe au Parlement est aussi un parti politique européen (ce qui complique les choses), fédérant de multiples partis nationaux. C'est le principal groupe d'opposition au Parlement Européen, avec 215 députés. Il réunit des partis socialistes, sociaux démocrates et travaillistes, et est lié (car je l'ai mentionné il s'agit aussi d'un parti politique européen) à l'Internationale socialiste (je ne vais pas m'attarder sur le sujet, on connaît tous mes opinions là-dessus, et si ce n'est pas le cas, se reporter aux articles anciens). A noter que le parti reste distant des communsites, ex-communistes, post-communistes et autres membres de l'extrême gauche, leur préférant notamment les Verts.


Les membres principaux (car il ne faut pas non plus rêver, je ne vais pas TOUS les mentionner) sont: le SPD (Allemagne), le SPÖ (Autriche), les différents PS (France, Belgique, Italie, Bulgarie, Hongrie,...), le PASOK (Grèce), Le Labour (Royaume-Uni), les Démocrates de Gauche (Italie),...
En plus, un lien: http://www.pes.org/fr


Le groupe PPE-DE


Ce groupe au Parlement européen se compose de 2 partis européens, eux-mêmes réunissant divers partis nationaux, le Parti Populaire Européen et les Démocrates Européens. Groupe majoritaire au parlement il détient actuellement 288 sièges sur 785. Voyons les partis affiliés (attention, ils sont nombreux) à chacun des 2 partis européens
  1. Le PPE

Il regroupe les partis démocrates-chrétiens et les partis conservateurs. CDU-CSU (Allemagne), UMP (France), ÖVP (Autriche), CDV et CDH (Belgique), PP et UDC (Espagne + Catalogne), Nea Dimokratia (Grèce), Rassemblement Démocratique (Chypre), Il Popolo della libertà, UDC et UDE (Italie), CSV (Luxembourg), Fine Gael (Irlande), CDA (Pays-Bas), DKF et KD (Danemark),... bref, je vais pas non plus tous les détailler :D Il faut juste savoir que le PPE regroupe la plupart des formations de droites des Etats membres dont l'UMP Française, la CDU-CSU d'angela Merkel ou encore le parti de Berlusconi...

  1. les DE

Les Démocrates Européens sont les partis qui de l'Union Démocrate Européenne qui n'ont pas voulu intégrer le PPE mais qui siègent dans le même groupe au parlement: le Parti des retraités italien, les Conservateurs et Unionistes d'Ulster du Royaume-Uni, et un parti tchèque.

Le problème du PPE-DE, véritable émanation de la droite parlementaire européenne, c'est justement qu'il regroupe parfois des mouvements de droite assez différents: deux partis peuvent avoir des conceptions différentes d'un pays à l'autre, et au sein du même parti national, on peut trouver des dissenssions (cas notamment de l'UMP en France). L'enjeux, pour la pérennité de la formation, sera donc de concilier les divergences parfois importantes. Exemple: le PPE-DE a abandonné une certaine vision fédéraliste pour accueillir les requêtes des conservateurs britanniques, suscitant le retrait de l'UDF, lequel a créé avec d'autres partis un nouveau parti européen (PDE), dont les députés élus siègent au sein d'un autre groupe au Parlement (ALDE) avec les députés de l'ELDR.

Il faut à présent vous donner un lien: celui des "priorités" du PPE-DE pour les élections européennes de début juin 2009: http://www.epp-ed.eu/Press/pdoc08/Priorities2008-2009_fr.pdf . A vous de choisir!

l'UE en pratique: les partis politiques et groupes au Parlement

Seul organe parlementaire de l'Union Européenne, le parlement européen comporte bien évidemment des partis politiques. Ces derniers se distinguent des partis politiques traditionnels, en ce sens qu'ils sont plus des groupements politiques, des alliances de fédérations nationales. Les délégations nationales et les députés sont susceptibles à tout moment de changer de groupe.
Les fédérations de partis sont fort logiquement apparues dans les années 1970, alors que se profilait l'élection au suffrage universel direct des membres du Parlement européen. Les nouveaux groupements politiques son reconnus par le Traité de Maastricht, tandis que leur rôle est institutionnalisé. Dans les années 1970 donc, les parlementaires des partis nationaux se regroupent pour former des fédérations de partis, prenant pour base les groupements informels déjà réalisés et existant au Parlement européen, et donnant naissance à ce que l'on pourrait appeler les "Big Three":
- les partis socialistes se regroupent au sein de l'Union des Partis Socialistes de la Communauté Européenne (5 avril 1974);
- le Parti Populaire Européen succède le 26 avril 1976 à l'ancienne Union européenne chrétienne démocrate de 1965;
- les libéraux constituent la Fédération des Partis Libéraux et Démocrates de la Communauté Européenne (mars 1976)
A côté de ces trois Grands, les régionalistes créent l'Alliance Libre Européenne (1978), suivis en 1984 par la Coordination européenne des Partis verts. Il faut aussi signaler la création de l'Union Démocratique Européenne (1978) par des partis de droite.
Voilà, à ce stade, les partis politiques européens sont nés. A l'occasion des élections de 1984, les fédérations ne se focalisent plus sur des questions nationales mais sur des questions européennes, et entrent dans une phase de stagnation. Leur renaissance s'opère dans les années 1990, après que le Traité de Maastricht leur ait reconnu un rôle important. l'Union des Partis Socialistes se mue en Parti Socialiste Européen (PSE), les libéraux optent pour la création du Partie Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR), les Verts préfèrent une fédération des partis verts européens. le mouvement de reconnaissance se poursuivra jusqu'en 2003, où un règlement, sans leur reconnaître de personnalité juridique, les définit et pose des conditions minimales pour bénéficier d'un financement.
Début 2004, on comptait 7 groupes au Parlement (en plus des non-inscrits), représentant les positions de partis européens ou sous-groupes un peu plus nombreux:
- PPE-DE (réunissant 2 partis européens, le PPE et les DE); parti majoritaire, on peut résumer en indiquant qu'il s'agit de la "droite" européenne.
- PSE (représentant le seul PSE); principal parti d'opposition, c'est la gauche gouvernementale réformiste européenne, réunissant les socialistes, travaillistes et sociaux démocrates.
- ALDE (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe), réunissant 2 partis libéraux européens, l'ELDR et le PDE. 3e groupe politique le plus important.
- UEN (Union pour l'Europe des Nations). les souverainistes et eurosceptiques. Ne réunit pas de partis européens, c'est un simpe groupe au parlement réunissant cependant des partis nationaux.
- Verts/Alliance Libre Européenne; réunit 2 partis européens, le Parti Vert Européen et l'Alliance Libre Européenne.
- GUE/NGL; la Gauche Unitaire Européenne et la Gauche verte Nordique (2 partis européens)
- Groupe Indépendance/Démocratie; réunissant en théorie 2 partis européens eurosceptiques.
- les Non inscrits.

vendredi 13 mars 2009

De l'"affaire Total"

Total créé la polémique ces derniers temps. En effet, la major mondiale a annoncé des bénéfices importants pour 2008, avant d’officialiser un plan de réorganisation de son activité de raffinage (entraînant la suppression de 555 postes d’ici à 2013 sans licenciements). Période de crise oblige, le personnel politique est sur la brèche, avec des relents anticapitalistes décidément bien répandus, tant à gauche qu’à droite. Selon le leader du NPA, Olivier Besancenot, Total assassinerait purement et simplement l’emploi. Ce serait inadmissible et révoltant. Pour le PCF, en mal de visibilité depuis un an, cette attitude est scandaleuse, Marie-George Buffet proposant d’interdire les licenciements quand il y a versement de dividendes. Le Ps, quant à lui, la « logique financière » doit être dénoncée, tout comme d’ailleurs le double langage du gouvernement qui n’a pris aucune mesure contre licenciements alors que les dividendes sont versés. Selon Martine Aubry, ce serait même de penser que tout est permis. Mme Royal estime quant à elle que l’Etat devrait prélever les bénéfices de Total pour réinjecter ces derniers dans les énergies alternatives (il me semblait personnellement que Total acquittait l’impôt sur les sociétés, et même qu’il versait de l’argent aux Etats étranger au titre de ce même impôt…). A droite, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, juge lui aussi scandaleuse l’annonce suppression de postes. Il désirerait que le géant pétrolier ait une attitude « exemplaire » en matière d’emploi.

Il faut quand même objecter à tous ces parangons de vertu incitant à la conduite exemplaire de la part de Total quelques petites choses. Premièrement, à ceux qui versent des larmes de crocodiles devant cette soi-disant casse sociale, il n’est pas inopportun de répondre que le plan prévu par l’entreprise ne prévoit aucun licenciement, seulement des départs en retraite ou préretraite choisie, ou bien réaffectation ailleurs. C’est assez exemplaire, comme suppression de poste ; d’autres taillent directement dans l’effectif et licencient. On peut aussi évoquer le fait que les salariés de Total sont plutôt bénéficiaires des bons résultats de leur compagnie, au titre de l’intéressement. Deuxièmement, à ceux qui critiquent les suppressions de poste alors que les dividendes sont versés, il n’est pas inutile de leur rappeler que les actionnaires d’une entreprise ont pris le risque d’y investir leur argent, et donc leur épargne ; on voit mal comment les priver de dividende pourrait revêtir un quelconque aspect de légitimité, et on ne peut comprendre que l’on puisse tirer parti de ce que l’entreprise leur verse ce qui leur est dû pour inciter ladite entreprise à conserver des emplois. Le fait de dire « maintenez les emplois puisque vous faites des bénéfices et que vous versez beaucoup de dividendes » place les actionnaires en situation de profiteurs insensibles aux malheurs des pauvres employés risquant de ne pas être remplacés une fois parti en retraite ; c’est incohérent. Enfin, pour ceux qui réclament une exemplarité en matière d’emplois, il faudrait leur indiquer que le but fondamental d’une entreprise n’est pas de faire travailler, mais de générer des profits. Si l’emploi était la valeur fondamentale, pourquoi ne pas avoir conservé les mines de charbon ? Pourquoi avoir installé dans les usines des machines, plutôt que d’employer des travailleurs pour faire le travail à leur place ? Parce que cela n’a aucun sens économiquement parlant. En l’occurrence, Total procède à un ajustement dans son activité de raffinage. Les Français consomment moins de carburant, les nouvelles motorisations aidant ; pourquoi maintenir une capacité de raffinage égale ? Et donc si on ajuste les capacités de raffinage, on ajuste les emplois. Et, cerise sur le gâteau, sans licenciement. Que demander de plus ?